samedi 23 mai – Chronique 2

La joie

 

 


Les symboles du Saint Esprit

Le Saint Esprit, voilà bien une réalité invisible avec laquelle nous avons bien du mal lorsqu’il s’agit d’en saisir les différents aspects. Alors nous faisons appel à des symboles, à l’iconographie, à toutes sortes de “stratagèmes” pour en décrypter la richesse. L’Écriture Sainte emploie les symboles suivants, qui ne sont pas exhaustifs d’ailleurs, pour figurer l’Esprit Saint et nous faire mieux comprendre soit sa personne, soit son œuvre :

  1. La colombe : C’est sous cette forme que le Saint Esprit s’est matérialisé lors du baptême de Jésus au Jourdain (Mt 3, 16 ; Lc 3, 22). La Bible emploie cette image pour nous rappeler que, comme la colombe, le Saint Esprit n’est pas seulement irrésistible, il se caractérise aussi par la douceur, la tendresse et la pureté. Il est aussi un Esprit d’amour, de grâce, de consolation et d’innocence.
  2. Le souffle ou le vent : Ce symbole vient directement de la signification du mot “esprit” dans les langues bibliques originales : “rouah” en hébreu et “pneuma” en grec (Gn 2, 7 ; Job 32, 8 ; 33, 4 ; Jn 3, 8 ; 20, 22 ; Ac 2, 2). Ces termes signifient le souffle, le vent, l’air en mouvement. Symboliser l’Esprit Saint comme souffle ou vent souligne l’action impétueuse, invisible et imprévisible du Saint Esprit; cela montre aussi que cette action est souveraine et infiniment au-dessus de l’homme. Si le Saint Esprit est appelé le souffle du Tout-Puissant, c’est qu’il est son émanation directe, sa présence même manifestée. Comme le vent, l’Esprit est donc libre, puissant, actif et ne peut pas être enfermé dans nos petits schémas, que le vent ne peut être enfermé dans une boîte.
  1. L’eau (vive) : En l’absence d’eau, toute vie est impossible. Notre besoin d’eau est tellement vital qu’un être humain normalement constitué ne peut survivre à la privation totale d’eau (Is 44, 3 ; Jn 4, 14 ; 7, 38-39). Ce symbole est facile à comprendre. Comme l’eau vive, la présence du Saint Esprit rafraîchit et désaltère, elle fait apparaître la vie où régnaient la désolation et la mort, elle apporte la plénitude et l’abondance et la déverse tout autour en flots de bénédictions.
  1. Le feu : Le feu, suivant l’usage constant de l’Écriture, nous semble faire allusion non pas à la puissance du Saint Esprit, mais à son action purificatrice qui juge et consume toute impureté. Le Saint Esprit convainc de péché et du jugement et il brûle en nous tout ce qui n’est pas conforme à la volonté de Dieu (Mt 13, 11-12 ; Lc 3, 16-17 ; Mc 9, 49 ; 1 Cor 3, 13-15). Ainsi donc, si nous demandions d’être “baptisés de feu”, cela reviendrait à demander à Dieu de consumer le péché en nous.
  1. Le sceau : Chez les juifs, le sceau marquait la fin d’une transaction. Lorsque l’accord était réalisé, l’acte passé et le prix payé, on apposait le sceau sur le contrat pour le rendre définitif (Jr 32, 9-10 ; Eph 1, 13 ; 4, 30 ; 2 Cor 1, 21-22). Lorsque nous croyons, nous sommes scellés du Saint Esprit pour le jour de la rédemption. Le Saint Esprit devient ainsi pour nous l’empreinte divine, la marque de la propriété de Dieu. Si le Saint Esprit est comparé à un sceau, c’est précisément pour indiquer que son habitation en nous est définitive, ce sceau signale un acte accompli une fois pour toute et le Saint Esprit en nous garantit que nous appartenons à Dieu pour l’éternité. Comme le sceau, le Saint Esprit marque la propriété, donne la sécurité, assure la protection.
  1. Le gage et les arrhes : Lors d’une transaction il était (et il est encore souvent) d’usage de verser des arrhes. Il s’agit d’une somme irrémédiablement acquise au propriétaire, en jouissance anticipée de la pleine propriété. Saint Paul utilise ces deux images pour nous faire comprendre que le don actuel du Saint Esprit est la garantie solennelle, et en quelque sorte le premier acompte de notre salut final (Eph 1, 13-14 ; 2 Cor 1, 21-22).
  1. L’huile : Nous pouvons lire les passages suivants : Ex 27, 20-21 ; Mt 25, 4 ; Lc 4, 18 ; Jn 16, 14 ; Ac 10, 38 ; Rm 8, 9 ; 2 Cor 1, 21 ; Hé 1, 9 ; 1 Jn 2, 20. Tous ces passages sont des allusions à l’onction d’huile prescrite dans l’Ancien Testament pour les sacrificateurs, les prophètes et les rois. Le Saint Esprit donne donc la préparation au ministère (Ac 1, 18).
  1. La main : L’acte d’imposer les mains est un acte fréquent dans les Évangiles : Jésus guérit les malades (Mc 6, 5), bénit les enfants (Mc 10, 16) en leur imposant les mains. C’est aussi par l’imposition des mains que le Saint Esprit est donné (Ac 8 ,17-19). Et c’est ce geste que l’on retrouve dans les sacrements (baptême, confirmation, ordre …).

En conclusion, ces quelques symboles sont loin d’expliquer toute la réalité du Saint Esprit, il y en a encore d’autres que nous n’avons pas pu citer ici ; nous sommes appelés à rendre grâce à Dieu pour nous avoir fait mieux comprendre, par de tels symboles, plusieurs précieuses vérités sur Son Esprit et efforçons-nous de les réaliser par la foi.

                                                                                                Père Augustin Dawili Mandaolo

 

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