Adoration. Salut au Saint-Sacrement. XXII

Louange à Dieu !

 Parole de Dieu

(Psaume 148)

Dans la liturgie du jour il n’y a que les versets : 1-2, 11-12, 13.14b

 Alléluia ! Louez le Seigneur du haut des cieux,
louez-le dans les hauteurs.
Vous, tous ses anges, louez-le,
louez-le, tous les univers.

Louez-le, soleil et lune
louez-le, tous les astres de lumière ;
vous, cieux des cieux, louez-le,
et les eaux des hauteurs des cieux.
R/ Qu’ils louent le nom du Seigneur :
sur son ordre ils furent créés ;
c’est lui qui les posa pour toujours
sous une loi qui ne passera pas.
Louez le Seigneur depuis la terre,
monstres marins, tous les abîmes ;
feu et grêle, neige et brouillard,
vent d’ouragan qui accomplis sa parole ;
les arbres des vergers, tous les cèdres ;
Les montagnes et toutes les collines,
10 les bêtes sauvages et tous les troupeaux,
le reptile et l’oiseau qui vole ;

11 les rois de la terre et tous les peuples,
les princes et tous les juges de la terre ;
12 tous les jeunes gens et jeunes filles,
les vieillards comme les enfants.
13 R/Qu’ils louent le nom du Seigneur,
le seul au-dessus de tout nom ;
sur le ciel et sur la terre, sa splendeur :
14 il accroît la vigueur de son peuple.
Louange de tous ses fidèles,
des fils d’Israël, le peuple de ses proches ! Alléluia !

Méditation biblique

Ce Psaume nous montre ceci, relevé par S. Paul aux Romains (1, 19-20a) : Ce que l’on peut connaître de Dieu est clair pour eux [les hommes], car Dieu le leur a montré clairement. Depuis la création du monde, on peut voir avec l’intelligence, à travers les œuvres de Dieu, ce qui de lui est invisible : sa puissance éternelle et sa divinité.

La forme du psaume est prophétique, lorsque le psalmiste s’adresse à toutes les créatures, même à celles qui sont dépourvues d’intelligence. Cela encourage notre pensée et notre prière à une véritable espérance ! Ecoutons encore l’épître aux Romains (8, 20-21) : La création a été soumise au pouvoir du néant, non pas de son plein gré, mais à cause de celui qui l’a livrée à ce pouvoir. Pourtant, elle a gardé l’espérance d’être, elle aussi, libérée de l’esclavage de la dégradation, pour connaître la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu.

Pour nourrir notre espérance, soyons attentifs à la symétrie du psaume, entre le début et la fin : les versets 1 à 4 s’adressent aux créatures qui habitent les cieux, anges et étoiles, et les versets 7 à 12, à celles qui se trouvent sur la terre, créatures non intelligentes et hommes.

Au début, c’est une progression descendante : le psalmiste commence par les créatures de l’ordre le plus élevé (esprits célestes) et termine par les astres ; à la fin, la progression est ascendante : il commence par les profondeurs de la mer, puis il énumère les puissances de la nature, après quoi, par l’intermédiaire du règne végétal et du règne animal, il arrive jusqu’à l’homme, qui est nommé le dernier comme étant l’être le plus parfait, et pour ainsi dire la fleur de la création terrestre.

Après cette ascension de l’idée du texte, nous prenons conscience, ici et maintenant, de ce que Dieu si grand et si sage a fait et veut faire encore pour accompagner et sauver le peuple qui au milieu de l’humanité occupe le premier rang, Israël, le peuple qui lui est proche (13-14) dont l’Eglise est l’héritière.

 

Adoration. Salut au Saint-Sacrement. XXI

Le pèlerinage à Jérusalem

 Parole de Dieu

(Psaume 121 (122)

Dans la liturgie du jour il n’y a que les versets 1 à 5

 1 Quelle joie quand on m’a dit :
« Nous irons à la maison du Seigneur ! »
2 Maintenant notre marche prend fin
devant tes portes, Jérusalem !

 3 Jérusalem, te voici dans tes murs :
ville où tout ensemble ne fait qu’un !
4 C’est là que montent les tribus,
les tribus du Seigneur.

C’est là qu’Israël doit rendre grâce
au nom du Seigneur.
5 C’est là le siège du droit,
le siège de la maison de David.

Appelez le bonheur sur Jérusalem :
« Paix à ceux qui t’aiment !
Que la paix règne dans tes murs,
le bonheur dans tes palais ! »

A cause de mes frères et de mes proches,
je dirai : « Paix sur toi ! »
A cause de la maison du Seigneur notre Dieu,
je désire ton bien.

 

Méditation biblique

 Ce psaume 121/122 fait partie des ‘cantiques des montées’, des psaumes composés pour les pèlerinages à Jérusalem. Il était vraisemblablement chanté à l’arrivée aux portes de la Ville sainte, d’où le verset 2 :

2 Maintenant notre marche prend fin
devant tes portes, Jérusalem !

Vers l’an 1000 av. J.-C., Jérusalem est une bourgade sans importance sur un petit éperon rocheux. David l’a choisie pour y installer la capitale de son royaume : désormais on l’appellera la ‘ville de David’. Il y a transporté l’arche d’Alliance. David y a construit son palais, puis il a voulu construire un temple pour que Dieu ait lui aussi son palais.

Dieu avait d’autres projets et lui fait dire par le prophète Natan qu’il s’intéressait à son peuple beaucoup plus qu’à un temple. Vous connaissez le fameux jeu de mots de Natan : Tu veux construire une maison (un temple) à Dieu, mais c’est Dieu qui te construira une maison (au sens de maison royale et de descendance dynastique).

 Ce jeu de mots se retrouve dans le psaume :

C’est là le siège du droit, le siège de la maison de David (v. 5), là il s’agit de la dynastie royale et à la fin : À cause de la maison du Seigneur notre Dieu, je désire ton bien (v. 9), là il s’agit du temple, signe visible de la présence du Dieu invisible.

Nous remarquons le lien entre le premier et le dernier verset :

Nous irons à la maison du Seigneur (v. 1)
À cause de la maison du Seigneur notre Dieu, je désire ton bien (v. 9).

Et cela nous éclaire pour notre adoration avec la joie de notre venue vers Dieu, et la bénédiction que nous appelons par notre prière, non plus seulement et sur Jérusalem et sur nos frères.

 

Adoration. Salut au Saint-Sacrement. XX

Le Seigneur nous bénit !

 Parole de Dieu

Psaume du jour (66 (67) passim)

(Dans la liturgie du jour versets 2-3, 5, 7-8, en lettres droites)

2 Que Dieu nous prenne en grâce et nous bénisse,
que son visage s’illumine pour nous ;
3 et ton chemin sera connu sur la terre,
ton salut, parmi toutes les nations.

R / Que les peuples, Dieu, te rendent grâce ;
qu’ils te rendent grâce tous ensemble !

5 Que les nations chantent leur joie,
car tu gouvernes le monde avec justice ;
tu gouvernes les peuples avec droiture,
sur la terre, tu conduis les nations.

R / Que les peuples, Dieu, te rendent grâce ;
qu’ils te rendent grâce tous ensemble !

7 La terre a donné son fruit ;
Dieu, notre Dieu, nous bénit.
8 Que Dieu nous bénisse,
et que la terre tout entière l’adore !

 

Méditation biblique

C’est le peuple qui appelle sur lui, qui demande la bénédiction de Dieu :

 Que Dieu nous prenne en grâce et nous bénisse.

Certes nous sommes assurés en permanence de la bénédiction de Dieu, cependant, nous sommes libres de ne pas l’accueillir. Quand le prêtre dit : Que le Seigneur vous bénisse, il n’exprime pas le souhait que Dieu veuille bien bénir les fidèles, il exprime le souhait que nous ouvrions notre cœur à cette bénédiction de Dieu qui peut, si nous le désirons, agir en nous et nous transformer. La fin de ce psaume le dit très bien : Dieu, notre Dieu nous bénit (acte de foi), Que Dieu nous bénisse (disponibilité du cœur du fidèle).

Nous remarquons aussi que le peuple d’Israël ne demande pas cette bénédiction pour lui seul : il y a évidemment l’élection d’Israël et, tout aussi évidemment, le caractère universel du projet de Dieu. L’élection d’Israël est dans l’expression : Dieu, notre Dieu et l’universel est ici : Ton chemin sera connu sur la terre, ton salut, parmi toutes les nations, ou encore, que les nations chantent leur joie. D’ailleurs, ce psaume comporte un refrain répété qui n’est pas cité dans la liturgie du jour : Que les peuples, Dieu, te rendent grâce ; qu’ils te rendent grâce, tous ensemble ! Et nous connaissons la définition de la bénédiction : dire que Dieu nous bénit, c’est dire que Dieu nous accompagne, qu’il est avec nous !

À notre tour, nous sommes un peuple témoin : chaque fois que nous recevons la bénédiction de Dieu, c’est pour devenir dans le monde des reflets de la lumière de sa présence auprès de tous les hommes.

 

Adoration. Salut au Saint-Sacrement. XVIII

Ce que j’ai, je te le donne !

 Parole de Dieu

(Actes 3, 1-10)

En ces jours-là,
Pierre et Jean montaient au Temple
pour la prière de l’après-midi, à la neuvième heure.
On y amenait alors un homme, infirme de naissance,
que l’on installait chaque jour à la porte du Temple,
appelée la « Belle-Porte »,
pour qu’il demande l’aumône à ceux qui entraient.
Voyant Pierre et Jean qui allaient entrer dans le Temple,
il leur demanda l’aumône.
Alors Pierre, ainsi que Jean, fixa les yeux sur lui,
et il dit :
« Regarde-nous ! ».
L’homme les observait,
s’attendant à recevoir quelque chose de leur part.

Pierre déclara :
« De l’argent et de l’or, je n’en ai pas ;
mais ce que j’ai, je te le donne :
au nom de Jésus Christ le Nazaréen,
lève-toi et marche ».

Alors, le prenant par la main droite,
il le releva
et, à l’instant même,
ses pieds et ses chevilles s’affermirent.
D’un bond, il fut debout
et il marchait.
Entrant avec eux dans le Temple,
il marchait, bondissait, et louait Dieu.
Et tout le peuple le vit marcher et louer Dieu.
On le reconnaissait :
c’est bien lui qui était assis à la « Belle-Porte » du Temple
pour demander l’aumône.
Et les gens étaient frappés de stupeur et désorientés
devant ce qui lui était arrivé.

 

Enseignement/Méditation

En écho à la Parole de Dieu qui montre l’intercession des saints apôtres, et comme beaucoup d’entre nous ont participé à la prière du Trentain à saint Joseph, je ne voudrais pas que l’on conclue cette période sans relire ce que nous avons vécu, ce que nous avons demandé et aussi ce que nous avons appris, de nous-même, de notre relation avec le bon Dieu.

Pour cette relecture, j’attire votre attention sur cette prière de remerciements, plaquée sur le mur de Notre-Dame de Pontoise :

Merci,
Pour ce que j’ai demandé, que je n’ai pas obtenu.
Pour tout ce que j’ai reçu, Sans vous l’avoir demandé (E.G. 1968).

Dieu peut nous combler comme il combla sainte Thérèse d’Avila qui dit du Père adoptif de Jésus qui est prêt à nous adopter :

Me trouvant, si jeune encore, frappée de paralysie, et voyant le triste état où m’avaient réduite les médecins de la terre, je résolus de recourir à ceux du ciel pour obtenir ma guérison. […] Je pris pour avocat et pour protecteur le glorieux saint Joseph et je me recommandai très à instamment à lui. […] Je ne me souviens pas de lui avoir jamais rien demandé, jusqu’à ce jour, qu’il ne me l’ait accordé.

Connaissant aujourd’hui, par une si longue expérience, l’étonnant crédit de saint Joseph auprès de Dieu, je voudrais persuader à tout le monde de l’honorer d’un culte particulier. Jusqu’ici j’ai toujours vu les personnes qui ont eu pour lui une dévotion vraie et soutenue par les œuvres, faire des progrès dans la vertu ; car ce céleste protecteur favorise, d’une manière frappante, l’avancement spirituel des âmes qui se recommandent à lui. Déjà, depuis plusieurs années, je lui demande le jour de sa fête une faveur particulière, et j’ai toujours vu mes désirs accomplis. Lorsque ma prière s’écarte tant soit peu du but de la gloire divine, il la redresse afin de m’en faire retirer un plus grand bien.

… Enfin il fit éclater à mon égard sa puissance et sa bonté : grâce à lui, je sentis renaître mes forces, je me levai, je marchai, je n’étais plus frappée de paralysie ; mais, hélas ! je ne montrai que trop tôt toute la profondeur de ma misère, en faisant un mauvais usage d’un tel bienfait.

Faisons un bon usage de ce que Dieu nous donne !

 

Adoration. Salut au Saint-Sacrement. XVII

J’écoute et je fais confiance

 Parole de Dieu

(Isaïe 50, 4-7)     

Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples,
pour que je puisse, d’une parole,
soutenir celui qui est épuisé.
Chaque matin, il éveille,
il éveille mon oreille
pour qu’en disciple, j’écoute.
Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille,
et moi, je ne me suis pas révolté,
je ne me suis pas dérobé.
J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient,
et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe.
Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats.
Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ;
c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages,
c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre :
je sais que je ne serai pas confondu.

Enseignement/Méditation

Parce que son peuple est en exil à Babylone et qu’il pourrait bien se laisser aller au découragement, Isaïe lui rappelle qu’il est toujours le serviteur et le peuple de Dieu : Dieu compte sur lui pour faire aboutir son projet de salut pour l’humanité.

Et le peuple d’Israël est le Serviteur de Dieu nourri chaque matin par la Parole. Car la caractéristique de la relation qui unit Israël à son Dieu, c’est l’écoute de la Parole de Dieu. Et Isaïe de dire : Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille.

Écouter est un mot qui, dans la Bible signifie : faire confiance. Or notre vie oscille entre cette écoute et la confiance en Dieu, abandon à sa volonté parce que l’on sait que sa volonté n’est que bonne… ou bien la méfiance et le soupçon porté sur les intentions de Dieu… jusqu’à la révolte dans les épreuves.

C’est bien l’histoire d’une confiance réciproque. Dieu fait confiance à son serviteur, il lui confie une mission ; en retour le serviteur accepte la mission avec confiance. Et c’est cette confiance même qui lui donne la force nécessaire pour tenir bon jusque dans les oppositions qu’il rencontrera inévitablement.

Celui qui vit dans ce don permanent de la force de Dieu peut tout affronter : Je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé… Et chaque matin, le Serviteur doit se ressourcer auprès de Celui qui lui permet de tout affronter : Il éveille mon oreille chaque matin… Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours : c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages…

 

Adoration. Salut au Saint-Sacrement. XVI

Avec le bon S. Joseph

 Parole de Dieu

(Luc 8, 15)

Ta parole, Seigneur, est vérité
et ta loi, délivrance.

Heureux ceux qui ont entendu la Parole
dans un cœur bon et généreux,
qui la retiennent et portent du fruit par leur persévérance.
Ta parole, Seigneur, est vérité
et ta loi, délivrance.

 

Enseignement/Méditation

Cette Parole de Dieu dans S. Luc est celle de l’acclamation avant l’évangile de ce jour. L’évocation du cœur bon et généreux m’autorise à vous donner un passage d’un sermon de Benoît XVI du 19 mars 1992. Ceci nous permet de faire le lien avec notre ‘trentain’ au bon S. Joseph, vrai homme au cœur bon et généreux.

Ce texte nous a été communiqué par notre Mère Marie de la Trinité du Carmel S. Joseph de Pontoise.

Joseph est pour ainsi dire prêt à bondir. Il est prêt – comme cela est dit dans le passage de l’Évangile lu aujourd’hui – à se lever et à exécuter la volonté de Dieu (cf Mt 1, 24 ; 2, 14). Il touche, ce faisant, à ce qui est le centre de la vie de Marie et qu’elle exprime à l’heure décisive de sa vie : Me voici ! Je suis la servante du Seigneur ! (Lc 1, 38). La même chose s’applique à Joseph : cette disponibilité à se lever : Vois, je suis ton serviteur ! Prends-moi ! Ou encore comme Isaïe répond à l’heure de sa vocation : Me voici ! Envoie-moi (Is 6, 8 ; cf 1 S 3,8 s). C’est l’appel qui dorénavant détermine toute sa vie.

Que l’on songe ici également à un autre mot de l’Écriture, l’adresse de Jésus à Pierre : ” Tu seras conduit là où tu ne voudrais pas. (Jn 21, 18). Joseph, l’homme disponible, en a fait le critère directeur de sa vie. Il était là pour se laisser conduire même là où il ne le voulait pas. Toute sa vie est une succession de tels chemins acceptés.

Tout reste caché dans le silence, la souffrance, les espérances. Cette vie n’est pas une réalisation de soi dans laquelle l’homme vient chercher en lui-même tout ce qu’il peut trouver, et essaye de faire de lui-même tout ce qu’il croit pouvoir faire de sa vie. Ce n’est pas une réalisation de soi-même mais un renoncement de soi. Être conduit là où tu ne voudrais pas. Il ne prend pas possession de sa vie, mais il la donne. Il ne réalise pas un projet qu’il a conçu avec ses propres capacités, et avec sa propre volonté ; il se place au contraire entre les mains de Dieu, se défait de sa volonté pour l’intégrer dans celle de l’Autre, dans la volonté supérieure de Dieu ; là précisément où se trouve la vraie perte de soi, l’homme se trouve. Oui, c’est seulement dans la perte de nous-mêmes, dans le don de soi, que nous pouvons nous recevoir. Et cela n’intervient pas par la domination de la volonté propre de l’individu qui se réalise, mais par celle de la volonté de Dieu. Que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se réalise (Lc 22, 42). Là où se produit ce que nous sollicitons- que ta volonté se fasse, sur la terre comme au ciel- un morceau de ciel se crée sur la terre, car à ce moment, la terre est semblable au ciel. Et ainsi Joseph, celui qui se perd, celui qui renonce, qui en quelque sorte suit à l’avance le crucifié, montre le chemin de la fidélité, le chemin de la résurrection et de la vie.

 

Adoration. Salut au Saint-Sacrement. Xv

L’amour du bon Dieu

 Parole de Dieu

(Isaïe 49, 8-15)

Ainsi parle le Seigneur :

Au temps favorable, je t’ai exaucé,
au jour du salut, je t’ai secouru.
Je t’ai façonné, établi,
pour que tu sois l’alliance du peuple,
pour relever le pays,
restituer les héritages dévastés
et dire aux prisonniers : « Sortez » !
aux captifs des ténèbres : « Montrez-vous » !

Au long des routes, ils pourront paître ;
sur les hauteurs dénudées seront leurs pâturages.
Ils n’auront ni faim ni soif ;
le vent brûlant et le soleil ne les frapperont plus.

Lui, plein de compassion, les guidera,
les conduira vers les eaux vives.

De toutes mes montagnes, je ferai un chemin,
et ma route sera rehaussée.

Les voici : ils viennent de loin,
les uns du nord et du couchant,
les autres des terres du sud.

Cieux, criez de joie ! Terre, exulte !
Montagnes, éclatez en cris de joie !
Car le Seigneur console son peuple ;
de ses pauvres, il a compassion.

Jérusalem disait :

« Le Seigneur m’a abandonnée,
mon Seigneur m’a oubliée ».

Une femme peut-elle oublier son nourrisson,
ne plus avoir de tendresse pour le fils de ses entrailles ?

Même si elle l’oubliait,
moi, je ne t’oublierai pas.

 

Enseignement/Méditation

Isaïe est associé au projet du bon Dieu pour son peuple. Il est même configuré à l’alliance, comme il est écrit :

Je t’ai façonné, établi pour que tu sois l’alliance du peuple.

 

Regardons ensemble ce beau projet de Dieu :

 relever le pays,
restituer les héritages dévastés
et dire aux prisonniers : « Sortez » !
aux captifs des ténèbres : « Montrez-vous » !

 

Pensons à la très belle IVème prière eucharistique rappelant l’œuvre promise par Dieu et accomplie par son Fils pour les hommes, créés par Dieu et qui se détournent du Père, notre Créateur :

 Père très saint, […], dans ta miséricorde, […] tu (es venu en aide à tous les hommes), tu as multiplié les alliances avec eux, et tu les as formés, par les prophètes, dans l’espérance du salut.

Tu as tellement aimé le monde, Père très saint, que tu nous as envoyé ton propre Fils, lorsque les temps furent accomplis, pour qu’il soit notre Sauveur […], il a vécu notre condition d’homme en toute chose, excepté le péché, annonçant aux pauvres la Bonne Nou­velle du salut ; aux captifs, la délivrance ; aux affligés, la joie. Pour accomplir le dessein de ton amour, il s’est livré lui-même à la mort, et, par sa résurrection, il a détruit la mort et renou­velé la vie.

Regardons maintenant le cœur de Dieu ! C’est un cœur de mère qui ne peut oublier l’homme ici comparé au fils des entrailles maternelles ! et même s’il pouvait exister une mère oublieuse et ingrate, Dieu, lui, ne laisserait pas entrer en lui un sentiment autre que celui de l’amour. En avons-nous conscience dans les moments de découragement ?

Comme lui, nous devons à nos frères la bienveillance et la tendresse : être frères c’est sortir ensemble des entrailles divines, et témoigner de l’amour du bon Dieu à travers l’alliance que nous créons entre nous.

 

Adoration. Salut au Saint-Sacrement. XIv

Le pardon, fruit de la volonté

 Parole de Dieu

Jérémie 18, 18-20

Mes ennemis ont dit :
« Allons, montons un complot contre Jérémie.
La loi ne va pas disparaître par manque de prêtre,
ni le conseil, par manque de sage,
ni la parole, par manque de prophète.
Allons, attaquons-le par notre langue,
ne faisons pas attention à toutes ses paroles. »

Mais toi, Seigneur, fais attention à moi,
écoute ce que disent mes adversaires.
Comment peut-on rendre le mal pour le bien ?
Ils ont creusé une fosse pour me perdre.
Souviens-toi que je me suis tenu en ta présence
pour te parler en leur faveur,
pour détourner d’eux ta colère.

 Enseignement/Méditation

Jérémie a été envoyé pour servir Dieu comme prophète et inviter les hommes à retourner vers Dieu : il s’adresse au roi et aux chefs politiques qui ne parlent que guerres, soulèvements et renversement d’alliances, il s’en prend au Temple qui ne se préoccupe que de belles liturgies, alors que le peuple attend la justice sociale et la paix. Jérémie désigne s’en prend à l’hypocrisie.

Faisant de Jérémie son prophète, le Dieu de l’alliance, lui avait dit à propos des rois et des prêtres : Ils te combattront. Et la Parole de ce jour nous montre leurs armes, la médisance et la sourde oreille :

Allons, attaquons-le par notre langue, ne faisons pas attention à toutes ses paroles

Malgré le mépris, les accusations et jusqu’à la détestation de ses proches, il se tourne vers Dieu et nous révèle la fidélité à sa tâche. Malgré tout, il pardonne, et même il prend la défense devant Dieu de ses propres bourreaux :

Ils ont creusé une fosse pour me perdre.
Souviens-toi que je me suis tenu en ta présence
pour te parler en leur faveur, pour détourner d’eux ta colère.

Tant d’amour est le beau fruit d’une volonté, celle même de notre Seigneur sur la croix : Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font.

Cette volonté de pardonner peut être notre Carême en reprenant avec vigueur les paroles de la prière enseignée :

 Pardonne-nous… comme nous pardonnons…

 

Adoration. Salut au Saint-Sacrement. XIII

Crée en moi un coeur pur

 Parole de Dieu

(PS (50 (51), 3-4, 12-13, 18-19)

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie moi de mon offense.

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.

Si j’offre un sacrifice, tu n’en veux pas,
tu n’acceptes pas d’holocauste.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ;
tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.

 

Enseignement/Méditation

Les premiers mots du psaume, ‘Pitié pour moi, mon Dieu’ c’est en latin, ‘miserere mei Deus’ ! Peut-être connaissez-vous le fameux ‘Misere’ d’Allegri, chantre et compositeur romain du
XVIIème s.

Le psaume 50 aurait été écrit par le roi David qui confesse sa faute au prophète Nathan et se repent.

En latin, ‘misere’ consonne avec ‘miséricorde’, et unit l’attitude du pécheur qui avoue sa faute et celle de Dieu qui pardonne.

Les derniers mots dans l’extrait de ce jour, malgré la dureté des mots illumine notre âme : Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ; tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.

Illumine, pourquoi ? Parce que le ‘cœur brisé et broyé’ exprime plutôt que la douleur le cœur touché par l’amour de Dieu ; nous pourrions paraphraser ainsi : le cœur qui laisse l’amour de Dieu briser sa carapace de pierre, peut enfin devenir un cœur de chair. De la sorte, l’homme doux et humble de cœur s’abandonne à la volonté aimante de Dieu.

L’humilité de l’aveu exprimé en toute vérité conduit sur le chemin de l’expérience de Dieu et ouvre à l’action de grâce pour les merveilles que Dieu accomplit en purifiant notre cœur.

Alors, l’homme avance renouvelé et l’esprit raffermi.

 

Adoration. Salut au Saint-Sacrement. XII

La magnificence du Seigneur

 Parole de Dieu

(PS 103 (104), 1-2a, 27-28, 29bc- 30)

Bénis le Seigneur, ô mon âme ;
Seigneur mon Dieu, tu es si grand !
Revêtu de magnificence,
tu as pour manteau la lumière !

Tous, ils comptent sur toi
pour recevoir leur nourriture au temps voulu.
Tu donnes : eux, ils ramassent ;
tu ouvres la main : ils sont comblés.

Tu reprends leur souffle, ils expirent
et retournent à leur poussière.
Tu envoies ton souffle : ils sont créés ;
tu renouvelles la face de la terre.

 

Enseignement/Méditation

Le Dieu d’Israël est un Dieu personnel qui a proposé une relation d’alliance à son peuple. Pour y répondre il n’y a que l’adhésion volontaire et libre de tout l’être avec cette expression fréquente dans le vocabulaire d’Israël : Bénis le Seigneur, ô mon âme. Ici, le nom employé pour désigner Dieu est le fameux nom de l’alliance, le nom en quatre lettres YHVH qu’on ne prononce pas et qui est remplacé par le Seigneur.

En Israël, Dieu est loué comme le Dieu créateur et roi de toute la création. C’est particulièrement net dans la phrase : Tu envoies ton souffle ; ils sont créés ; tu renouvelles la face de la terre ; on pense évidemment au Seigneur Dieu qui modela l’homme avec de la poussière prise du sol. Il insuffla dans ses narines l’haleine de vie, et l’homme devint un être vivant (Gn 2, 7). Pour dire que Dieu est roi, on emploie le langage de la cour : Revêtu de magnificence, tu as pour manteau la lumière ! et Seigneur, mon Dieu, tu es si grand, acclamation royale traditionnelle en Israël.

Ce psaume est employé aussi pour la fête du Baptême du Christ, comme hymne au Dieu créateur, roi de la création. En effet, c’est lors de son Baptême que Jésus est proclamé roi de la Création : saint Luc raconte qu’une voix venue du ciel a proclamé exactement la formule qui était prononcée sur chaque nouveau roi le jour de son sacre : Tu es mon fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. D’autre part, l’heure du Baptême du Christ est aussi l’heure de la nouvelle création ; dans la première création Le souffle de Dieu planait à la surface des eaux (Gn 1, 2). Lors du Baptême du Christ dans les eaux du Jourdain, saint Luc nous dit : L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe et il y eut une voix venant du ciel : Toi, tu es mon fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie (Lc 3, 22)… l’heure de la nouvelle création et de la nouvelle alliance a sonné.

 

Adoration. Salut au Saint-Sacrement. XI

Les bonnes leçons du Seigneur

 Parole de Dieu

Parole de Dieu du jour (He 12, 4-7. 11-15)

Frères,
vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang
dans votre lutte contre le péché,
et vous avez oublié cette parole de réconfort,
qui vous est adressée comme à des fils :
Mon fils, ne néglige pas les leçons du Seigneur,
ne te décourage pas quand il te fait des reproches.
Quand le Seigneur aime quelqu’un,
il lui donne de bonnes leçons ;
il corrige tous ceux qu’il accueille comme ses fils.

Ce que vous endurez est une leçon.
Dieu se comporte envers vous comme envers des fils ;
et quel est le fils auquel son père ne donne pas des leçons ?
Quand on vient de recevoir une leçon,
on n’éprouve pas de la joie mais plutôt de la tristesse.
Mais plus tard, quand on s’est repris grâce à la leçon,
celle-ci produit un fruit de paix et de justice.
C’est pourquoi,
redressez les mains inertes et les genoux qui fléchissent,
et rendez droits pour vos pieds les sentiers tortueux.
Ainsi, celui qui boite ne se fera pas d’entorse ;
bien plus, il sera guéri.
Recherchez activement la paix avec tous,
et la sainteté sans laquelle personne ne verra le Seigneur.
Soyez vigilants :
que personne ne se dérobe à la grâce de Dieu,
qu’il ne pousse chez vous aucune plante aux fruits amers,
cela causerait du trouble,
et beaucoup en seraient infectés.

 

Enseignement/Méditation

Après avoir montré comment Jésus est bien le Messie attendu, l’unique prêtre capable de sceller la Nouvelle Alliance, l’un des grands objectifs de la lettre aux Hébreux est de nous guider sur le mode de cette Alliance.

Souvenons-nous, lors de la précédente méditation : [Dieu] a mené pour toujours à leur perfection ceux qu’il sanctifie. Ainsi, par la foi, nous avons recouvré la liberté comme on recouvre la vue.

Maintenant, la lettre aux Hébreux encourage la foi des premiers chrétiens persécutés : Frères, n’oubliez pas cette parole de réconfort. Et, ses paroles font écho au prophète Isaïe : Redonnez de la vigueur aux mains défaillantes et aux genoux qui fléchissent.

Notre texte aujourd’hui aborde différents aspects de l’épreuve, non pas pour la justifier, plutôt pour révéler le chemin qu’elle ouvre : nous pouvons sortir grandis de l’épreuve comme il est écrit : Ce que vous endurez est une leçon. Cette leçon s’accompagne de la relecture des évènements du passé comme dans le livre du Deutéronome : Tu te souviendras de toute la route que le Seigneur ton Dieu t’a fait parcourir depuis quarante ans dans le désert, afin de te mettre dans la pauvreté ; ainsi il t’éprouvait pour connaître ce qu’il y avait dans ton cœur et savoir si tu allais, oui ou non, observer ses commandements […] et tu reconnais, à la réflexion, que le Seigneur ton Dieu faisait ton éducation comme un homme fait celle de son fils (Dt 8, 2-5).

Vécue dans la confiance en Dieu, l’épreuve peut devenir le témoignage de la paix intérieure que donne l’Esprit et de la sainteté sans laquelle personne ne verra le Seigneur.

 

Adoration. Salut au Saint-Sacrement. X

Menés à la perfection

 Parole de Dieu

Parole de Dieu du jour (He 10, 11-18)

Dans l’ancienne Alliance,
tout prêtre, chaque jour, se tenait debout dans le Lieu saint pour le service liturgique,
et il offrait à maintes reprises les mêmes sacrifices,
qui ne peuvent jamais enlever les péchés.
Jésus Christ, au contraire,
après avoir offert pour les péchés un unique sacrifice,
s’est assis pour toujours à la droite de Dieu.
Il attend désormais
que ses ennemis soient mis sous ses pieds.
Par son unique offrande,
Voici quelle sera l’Alliance
que j’établirai avec eux
quand ces jours- là seront passés,

le Seigneur dit :
Quand je leur donnerai mes lois,
je les inscrirai sur leurs cœurs et dans leur pensée
et je ne me rappellerai plus leurs péchés ni leurs fautes.

Or, quand le pardon est accordé,
on n’offre plus le sacrifice pour le péché.

Enseignement/Méditation

L’un des grands objectifs de la lettre aux Hébreux est de montrer comment Jésus est bien le Messie attendu, l’unique prêtre capable de sceller la Nouvelle Alliance.

La liturgie des prêtres de l’Ancienne alliance était quotidienne et leurs sacrifices n’ont jamais pu enlever les péchés. Tandis que par son unique sacrifice, par sa vie donnée, Jésus a enlevé une fois pour toutes le péché du monde. Précisons : dire que Jésus a enlevé le péché du monde, c’est dire que le péché n’est plus une fatalité parce que l’Esprit Saint nous a été donné. C’est le sens de la phrase : il a mené pour toujours à leur perfection ceux qu’il sanctifie. Ici, le mot perfection n’a pas un sens moral ; il veut dire plutôt accomplissement, achèvement : nous avons été menés par le Christ à notre accomplissement, cela veut dire que nous avons recouvré la liberté : nous sommes libres de ne pas retomber dans la violence et la jalousie ; libres de vivre en fils et filles de Dieu et en frères et sœurs les uns des autres.

Tout cela est ainsi traduit dans la liturgie : Voici l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde.

Désormais, nous pouvons laisser l’Esprit Saint diriger nos vies. Évidemment, cela suppose que nous restions sans cesse étroitement greffés sur Jésus, comme le sarment sur la vigne.

Adoration. Salut au Saint-Sacrement. IX

Toi, tu es prêtre !

 Parole de Dieu

He 7, 1-3. 15-17

Frères,
Melkisédek était roi de Salem,
prêtre du Dieu très-haut ;
il vint à la rencontre d’Abraham
quand celui-ci rentrait de son expédition contre les rois ;
il le bénit,
et Abraham lui remit le dixième de tout ce qu’il avait pris.
D’abord, Melkisédek porte un nom
qui veut dire « roi de justice » ;
ensuite, il est roi de Salem, c’est-à-dire roi « de paix »,
et à son sujet on ne parle
ni de père ni de mère, ni d’ancêtres,
ni d’un commencement d’existence ni d’une fin de vie ;
cela le fait ressembler au Fils de Dieu :
il demeure prêtre pour toujours.
Les choses sont encore beaucoup plus claires
si un autre prêtre se lève à la ressemblance de Melkisédek
et devient prêtre,
non pas selon une exigence légale de filiation humaine,
mais par la puissance d’une vie indestructible.
Car voici le témoignage de l’Écriture :

Toi, tu es prêtre de l’ordre de Melkisédek
pour l’éternité.

 

Enseignement/Méditation

Cette affirmation ‘Toi, tu es prêtre’ qui s’adresse évidemment au Christ éclaire aussi la mission des baptisés dans le monde. En effet, le baptême qui nous communique la liberté des fils de Dieu fait de nous les membres du corps du Christ qu’est l’Église : ainsi tous les baptisés participent au sacerdoce unique du Christ.

Cette participation est nommée sacerdoce commun des fidèles et indique la fonction de médiation du Christ et de son Eglise, médiation et communion entre Dieu et l’humanité. Toute l’Eglise est un peuple de prêtres, c’est-à-dire un peuple sacerdotal appelé à mettre en œuvre et vivre cette communion. Sur cette base, le ministère sacerdotal des évêques et des prêtres, conféré par le sacrement de l’ordre, est une participation spécifique à la mission du Christ au service du peuple tout entier.

Cette vocation des baptisés, nous pouvons la nommer vocation à la sainteté car elle engage et encourage les chrétiens à s’offrir eux-mêmes à Dieu, par le Christ, avec lui et en lui. Ecoutons saint Paul :  Je vous exhorte donc, frères, par la tendresse de Dieu, à lui présenter votre corps – votre personne tout entière –, en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu : c’est là, pour vous, la juste manière de lui rendre un culte. (Rm 12, 1).

Cette offrande de soi se déploie dans la liturgie eucharistique où le chrétien unit sa vie à l’offrande du pain et du vin afin que le Christ présente au Père son sacrifice et le nôtre.

L’adoration nous permet de répondre à notre vocation de membres d’un peuple de prêtres présentant à Dieu leur vie et la vie du monde.

 

 

Adoration. Salut au Saint-Sacrement. VIiI

 En tout semblable à ses frères

 Parole de Dieu

He 2, 14-18

Puisque les enfants des hommes
ont en commun le sang et la chair,
Jésus a partagé, lui aussi, pareille condition :
ainsi, par sa mort, il a pu réduire à l’impuissance
celui qui possédait le pouvoir de la mort,
c’est-à-dire le diable,
et il a rendu libres tous ceux qui, par crainte de la mort,
passaient toute leur vie dans une situation d’esclaves.
Car ceux qu’il prend en charge, ce ne sont pas les anges,
c’est la descendance d’Abraham.
Il lui fallait donc se rendre en tout semblable à ses frères,
pour devenir un grand prêtre miséricordieux et digne de foi
pour les relations avec Dieu,
afin d’enlever les péchés du peuple.
Et parce qu’il a souffert jusqu’au bout l’épreuve de sa Passion, il est capable de porter secours à ceux qui subissent une épreuve.

Enseignement/Méditation

Les premiers chrétiens s’entendaient dire : « Votre Jésus n’est pas le Messie, nous avons besoin d’un prêtre et il ne l’est pas ». Il était donc important pour un chrétien du premier siècle de savoir que le Christ est vraiment prêtre. La lettre aux Hébreux nous montre en quoi Jésus accomplit l’institution du sacerdoce.

Le prêtre de l’Ancien Testament était un médiateur :
1) le prêtre est un membre du peuple,
2) admis à communiquer avec la sainteté de Dieu,
3) et il transmet au peuple les dons et bénédictions de Dieu.

1) La Parole d’aujourd’hui porte sur le premier point : Jésus est bien un membre du peuple : Il lui fallait devenir en tout semblable à ses frères, pour être, dans leurs relations avec Dieu, un grand prêtre miséricordieux et fidèle, capable d’enlever les péchés du peuple. Semblable ! jusque dans la mort.

2) Pour pouvoir approcher du Dieu saint, le prêtre devait être mis à part des autres : lui, le Christ a choisi de se mêler à la vie de son peuple ; pourtant, nous avons la preuve incontestable qu’il est le Fils de Dieu, le Saint de Dieu : par sa mort et sa résurrection, il a rétabli l’alliance avec Dieu, c’était bien l’objectif des prêtres.

3) Quant au don de Dieu par son incarnation, sa passion et sa mort le Christ nous a rendus libres : le plus sûr ennemi de la liberté, c’est la peur ! Désormais, nous n’avons plus peur de rien. Qui nous faisait douter de l’amour de Dieu ? Le diable ! or, par sa mort, il (Jésus) a pu réduire à l’impuissance celui qui possédait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable.

Nos pires ennemis sont la mort, la solitude et la haine ; il fallait qu’il nous accompagne jusque-là pour nous en libérer. Seulement nous restons libres de ne pas être des croyants, des fils d’Abraham et de ne pas entrer par la confiance dans cette alliance avec Dieu et nos frères. L’heure est à la confiance !

Prière du Salut

Tantum ergo sacraméntum
venerémur cérnui,
et antiquum documéntum
novo cedat ritui ;
præstet fides suppleméntum
Sénsuum deféctui.Genitori Genitoque
laus et jubilatio,
salus, honor, virtus quoque
sit et benedictio :
Procedénti ab utroque
Compar sit laudatio. Amen
Ce sacrement est admirable !
vénérons-le humblement,
et qu’au précepte d’autrefois
succède un rite nouveau !
que la foi vienne suppléer
à nos sens et à leurs limites !
Au Père, au Fils notre louange,
l’allégresse de nos chants :
salut, honneur, puissance
et toute bénédiction :
à l’Esprit du Père et du Fils
égale acclamation de gloire !

V/ Panem de cælo præstitisti eis (TP. Alléluia)
Tu leur as donné le pain du ciel (TP. Alléluia)

R/ Omne delectamentum in se habentem (TP. Alléluia)
Toute saveur se trouve en lui (TP. Alléluia)

Seigneur Jésus Christ, dans cet admirable sacrement tu nous as laissé le mémorial de ta passion ; donne-nous de vénérer d’un si grand amour le mystère de ton Corps et de ton Sang, que nous puissions recueillir sans cesse le fruit de ta rédemption. Toi qui règnes avec le Père et le Saint Esprit pour les siècles des siècles. Amen.

 

 

Adoration. Salut au Saint-Sacrement. VII

 « Confiance ! C’est moi ; n’ayez pas peur ! »

 Parole de Dieu

Marc 6, 45-52

Aussitôt après avoir nourri les cinq mille hommes, Jésus obligea ses disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, vers Bethsaïde, pendant que lui-même renvoyait la foule.
Quand il les eut congédiés, il s’en alla sur la montagne pour prier.
Le soir venu, la barque était au milieu de la mer et lui, tout seul, à terre.
Voyant qu’ils peinaient à ramer,
car le vent leur était contraire,
il vient à eux vers la fin de la nuit
en marchant sur la mer,
et il voulait les dépasser.
En le voyant marcher sur la mer,
les disciples pensèrent que c’était un fantôme et ils se mirent à pousser des cris.
Tous, en effet, l’avaient vu et ils étaient bouleversés.
Mais aussitôt Jésus parla avec eux et leur dit :
« Confiance ! c’est moi ; n’ayez pas peur ! »
Il monta ensuite avec eux dans la barque
et le vent tomba ; et en eux-mêmes
ils étaient au comble de la stupeur,
car ils n’avaient rien compris au sujet des pains : leur cœur était endurci.

 

Méditation

 Jésus rejoint les disciples sur la barque, en marchant sur les eaux ! Le message spirituel est très fort. En effet, pour Israël, la mer évoque la mort. Israël fait sans cesse mémoire de l’œuvre de Dieu : traverser la Mer rouge à pied sec, c’est être vainqueur de la mort. En apostrophant ses disciples Jésus ne laisse donc aucun doute sur son identité divine. En effet, il leur dit : « Confiance ! C’est moi ; n’ayez pas peur ! ». Nous le savons, « c’est moi » est l’expression même du nom divin  que Dieu avait fait connaitre à Moïse précisément avant la traversée de la mer. Dieu avait dit à Moïse :  « Je suis ».  Donc, notre épisode où Jésus marche sur les eaux est une manifestation de Dieu : c’est bien la divinité de Jésus qui est révélée aux disciples. Et c’est ce qu’ils ont peine à comprendre avec leur cœur endurci.

 

Oraison

Seigneur je viens t’adorer pour accomplir un exode en sortant de moi pour venir jusqu’à toi. Puisque tu nous dis : « C’est moi », je veux te dire : « Mon Seigneur et mon Dieu ». Délivre-moi de tout endurcissement de cœur et de la peur qui habite les cœurs fermés et durs. Seigneur remplis-nous de ta tendresse.

 

Adoration. Salut au Saint-Sacrement. V

« Ce que Dieu dit : c’est la paix pour son peuple »

 Parole de Dieu

Psaume 84 (85), 9ab.10, 11-12, 13-14)

J’écoute : que dira le Seigneur Dieu ?
Ce qu’il dit, c’est la paix pour son peuple et ses fidèles.
Son salut est proche de ceux qui le craignent,
et la gloire habitera notre terre.

Amour et vérité se rencontrent,
justice et paix s’embrassent ;
la vérité germera de la terre
et du ciel se penchera la justice.

Le Seigneur donnera ses bienfaits,
et notre terre donnera son fruit.
La justice marchera devant lui,
et ses pas traceront le chemin.

 

Méditation

Psaume : La vérité germera de la terre et du ciel se penchera la justice.

La Vérité a germé de la terre : le Christ, qui a dit : Moi, je suis la Vérité, est né de la Vierge. Et du ciel s’est penchée la justice, parce que, lorsque l’homme croit en celui qui vient de naître, il reçoit la justice, non pas de lui-même, mais de Dieu.

La Vérité a germé de la terre, parce que le Verbe s’est fait chair. Et du ciel s’est penchée la justice, parce que les présents les meilleurs, les dons parfaits, proviennent tous d’en haut.

 

Psaume : Ce qu’il dit, c’est la paix pour son peuple et ses fidèles.

[…] Et d’où vient la paix sur la terre, sinon de ce que la Vérité a germé de la terre, autrement dit, que le Christ est né de la chair ? Et c’est lui qui est notre paix : des deux, il a fait une seule réalité, pour que nous soyons des hommes pleins de bienveillance, tendrement attachés les uns aux autres par le lien de l’unité.

 D’après saint Augustin dans une homélie de Noël

 

Adoration. Salut au Saint-Sacrement. IV

Humilité de Dieu, humilité du croyant

Parole de Dieu

 Dans l’évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Matthieu 11, 28-39)

En ce temps-là, Jésus prit la parole :
« Venez à moi,
vous tous qui peinez sous le poids du fardeau,
et moi, je vous procurerai le repos.
Prenez sur vous mon joug,
devenez mes disciples,
car je suis doux et humble de cœur,
et vous trouverez le repos pour votre âme.
Oui, mon joug est facile à porter,
et mon fardeau, léger ».

 

« Je suis la servante du Seigneur »

A l’humilité de Dieu répond l’humilité du croyant. Devant le Saint-Sacrement l’humilité du croyant, afin d’imiter le Seigneur, doux et humble de cœur, trouve en Marie une image de l’Eglise et de chacun de nous : la Vierge Marie offre à Dieu un espace virginal et immaculé. Dieu peut communiquer à l’humanité sa grâce, et, comme Marie nous pouvons participer à son déploiement dans le monde.

J’apprécie particulièrement le grand Hans Urs von Balthasar lorsqu’il écrit :

Le Seigneur ne veut pas voir son Église se tenir devant lui comme un unique et visible échec, mais comme une épouse magnifique digne de lui. Ici intervient nécessairement le principe marial dans l’Église. Marie est cette subjectivité qui, à sa manière féminine et réceptive, est capable de correspondre pleinement, par la grâce de Dieu et par son Esprit venant sur elle, à la subjectivité masculine du Christ […]. Marie n’est pas la Parole, mais la réponse adéquate, telle que Dieu l’attend, du monde créé […].

Ainsi, notre humble présence fidèle ici répond à l’attente du Seigneur, correspond à son amour, et contribue à notre sanctification et au salut du monde.

 

 

Adoration. Salut au Saint-Sacrement. III

Marie, le premier tabernacle de l’histoire 

Parole de Dieu

  Lecture du livre du prophète Isaïe (Isaïe 25, 6-10a)

En ce jour-là,
le Seigneur de l’univers
préparera pour tous les peuples, sur sa montagne,
un festin de viandes grasses et de vins capiteux,
un festin de viandes succulentes et de vins décantés.
Sur cette montagne, il fera disparaître
le voile de deuil qui enveloppe tous les peuples
et le linceul qui couvre toutes les nations.
Il fera disparaître la mort pour toujours.
Le Seigneur Dieu essuiera les larmes sur tous les visages,
et par toute la terre il effacera l’humiliation de son peuple.
Le Seigneur a parlé.

Et ce jour-là, on dira :
« Voici notre Dieu,
en lui nous espérions, et il nous a sauvés ;
c’est lui le Seigneur,
en lui nous espérions ;
exultons, réjouissons-nous :
il nous a sauvés ! »
Car la main du Seigneur
reposera sur cette montagne.

Enseignement

La lecture de ce jour dévoilant la promesse de Dieu de réunir tous les peuples sur sa montagne sainte est la même Parole de Dieu que Marie, fille d’Israël et figure de l’Église a accueillie comme fondement de sa foi et de sa vie : Heureuse celle qui a cru proclame saint Luc dans son évangile (Lc 1, 45). Ainsi la Vierge Marie a anticipé la foi de l’Église dans le mystère de l’incarnation qu’elle a permis par sa propre foi.

Et lorsqu’au moment de la visite à sa cousine dans les montagnes de Judée, Marie porte en son sein le Verbe fait chair, selon le mot de saint Jean-Paul II, elle devient, en quelque sorte, le premier tabernacle de l’histoire.

Elisabeth est dans une attitude de louange et d’adoration qui aide notre prière en disant : Jésus le fruit de ton sein est béni.

L’adoration, c’est encore le regard de Marie à la crèche devant le nouveau-né.

L’adoration c’est enfin l’attitude de Marie au pied de la croix, lorsqu’elle reçoit son fils, à nouveau dans ses bras.

Selon le mot de saint Jean-Paul II à nouveau, dans la passion de son fils Jésus Christ, Marie vit encore une ‘communion spirituelle’. Ainsi, Marie éclaire notre désir de communion avec le Christ, car nous espérons qu’en communiant à son offrande sur la croix nous aurons part à sa résurrection.

Le corps du Christ offert en sacrifice que nous adorons est le même que celui qu’elle avait conçu en son sein, celui que nous avons comme elle à offrir pour la gloire de Dieu et le salut du monde par notre charité ardente pour nos frères.

 

 

Adoration. Salut au Saint-Sacrement. II

Christum nudum nudus sequere 

Parole de Dieu

 En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
12 « On portera la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon nom. 13 Cela vous amènera à rendre témoignage.
14 Mettez-vous donc dans l’esprit que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense. 15 C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer.
16 Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d’entre vous. 17 Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom.
18 Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu.
19 C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie.

(Luc 21, 12-19)

 Enseignement

Le titre que j’emprunte à saint Bonaventure, Christum nudum nudus sequere, Suivre nu le Christ nu conduit notre méditation d’aujourd’hui vers l’imitation de l’humilité du Seigneur Jésus Christ, humilité qui va jusqu’au dépouillement du don de soi.

Devant le Saint-Sacrement, nous contemplons le Seigneur qui, au cours de son repas pascal, a donné son corps et son sang à ses disciples, pour être avec eux tous les jours, jusqu’à la fin du monde (Mt 28, 20). Le Seigneur est dans le sacrement de son amour et nous cherchons à l’aimer davantage. Cette adoration peut changer beaucoup dans notre vie, selon le mot de saint Irénée : Notre manière de penser s’accorde avec l’eucharistie, et l’eucharistie en retour confirme notre manière de penser.

L’hostie sainte exposée à nos yeux éclaire notre foi dans la puissance infinie de l’amour manifestée sur la croix glorieuse. L’hostie sainte révèle l’incroyable humilité de celui qui s’est fait pauvre pour nous faire riches de lui. Sur la croix, le Seigneur a accepté de tout perdre pour nous gagner à son Père. C’est cela le salut.

Nous croyons que le Seigneur est présent devant nous, et nous voulons reconnaitre sa présence agissante en vos vies. A celui qui nous a tout donné, demandons d’accepter de lui offrir nos propres vies, pour sa gloire et le salut du monde !

 Je conclue par une petite histoire pour apprendre à nous donner :

Un jour une question a été posée à un serviteur de Dieu :
« Que gagnes-tu en priant Dieu régulièrement ? »

Il a répondu :
« En priant Dieu régulièrement, je ne cherche pas à gagner des choses, je cherche plutôt à en perdre ».

Il cite alors tout ce qu’il a perdu en priant Dieu régulièrement :

 1- J’ai perdu la colère en priant Dieu régulièrement
2- J’ai perdu l’orgueil en priant Dieu régulièrement
3- J’ai perdu le moi en priant Dieu régulièrement
4- J’ai perdu la cupidité en priant Dieu régulièrement
5- J’ai perdu l’envie, la jalousie en priant Dieu régulièrement
6- J’ai perdu la convoitise en priant Dieu régulièrement
7- J’ai perdu l’égoïsme en priant Dieu régulièrement
8- J’ai perdu le mensonge en priant Dieu régulièrement
9- J’ai perdu le goût du péché en priant Dieu régulièrement
10- J’ai perdu les désirs de la chair en priant Dieu régulièrement
11- J’ai perdu l’impatience, le désespoir et le découragement en priant Dieu régulièrement
12- J’ai perdu la peur des démons en priant Dieu régulièrement

Je prie pour perdre des choses qui ne me permettent pas de croître spirituellement.

 

Adoration. Salut au Saint-Sacrement. I

Sacrement nouveau, Homme nouveau

L’adoration apparait au Moyen Âge quand les gens communiaient peu. Elle est donc une communion… du regard : elle se décline alors en procession et en élévation pendant la messe. Communion qui met en relief la valeur et le bienfait du silence pour entrer dans la méditation du mystère de l’eucharistie.

Elle implique un lien fécond avec la Parole de Dieu. Le Pain de la Vie exposé, c’est quelqu’un avec qui on entre en relation, qui nous parle et qui nous envoie en mission. L’adoration comme la messe, parce que toutes deux sont eucharistiques sont un échange entre l’Homme et Dieu et fondent l’envoi en mission – sens du mot missa, qui a donné messe à partir de l’envoi en latin : Ite missa est.

Ajoutons que la Parole de Dieu met en lumière ce qui se passe en nous : c’est l’œuvre du Christ en moi pour me modeler à son image. Ainsi, dans la lumière de la foi, l’adoration nous expose au soleil de Dieu qui rétablit en nous l’image inaugurale de la création. Il y a donc là quelque chose de nouveau dans le sacrement comme le proclame l’hymne du Tantum ergo :

Tantum ergo sacraméntum
venerémur cérnui,
et antiquum documéntum
novo cedat ritui ;
præstet fides suppleméntum
Sénsuum deféctui.Genitori Genitoque
laus et jubilatio,
salus, honor, virtus quoque
sit et benedictio :
Procedénti ab utroque
Compar sit laudatio. Amen
Ce sacrement est admirable !
vénérons-le humblement,
et qu’au précepte d’autrefois
succède un
rite nouveau !
que la foi vienne suppléer
à nos sens et à leurs limites !

Au Père, au Fils notre louange,
l’allégresse de nos chants :
salut, honneur, puissance
et toute bénédiction :
à l’Esprit du Père et du Fils
égale acclamation de gloire !

Et ce qui est nouveau dans le signe fait l’Homme nouveau quand il s’y dispose. Le temps passé avec le Seigneur, devant le tabernacle ou pendant l’exposition renouvelle la vigueur de notre foi trinitaire et la fécondité de la communion, selon l’oraison de la fête du Saint-Sacrement (Fête-Dieu) : donne-nous de vénérer d’un si grand amour le mystère de ton Corps et de ton Sang, que nous puissions recueillir sans cesse le fruit de ta rédemption.

Ainsi l’Homme nouveau retrouve la saveur des choses, le goût de la vie et des personnes, comme le dit le dialogue à la fin du Tantum ergo :

V/ Panem de cælo præstitisti eis (TP. Alléluia)
Tu leur as donné le pain du ciel (TP. Alléluia)
R/ Omne delectamentum in se habentem (TP. Alléluia)
Toute saveur se trouve en lui (TP. Alléluia)

Parole de Dieu

35 Jésus leur répondit : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif.
36 Mais je vous l’ai déjà dit : vous avez vu, et pourtant vous ne croyez pas.
37 Tous ceux que me donne le Père viendront jusqu’à moi ; et celui qui vient à moi, je ne vais pas le jeter dehors.
38 Car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé.
39 Or, telle est la volonté de Celui qui m’a envoyé : que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour.
40 Telle est la volonté de mon Père : que celui qui voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. » (Jean 6, 35-40)