Adoration. Salut au Saint-Sacrement. I

Sacrement nouveau, Homme nouveau

L’adoration apparait au Moyen Âge quand les gens communiaient peu. Elle est donc une communion… du regard : elle se décline alors en procession et en élévation pendant la messe. Communion qui met en relief la valeur et le bienfait du silence pour entrer dans la méditation du mystère de l’eucharistie.

Elle implique un lien fécond avec la Parole de Dieu. Le Pain de la Vie exposé, c’est quelqu’un avec qui on entre en relation, qui nous parle et qui nous envoie en mission. L’adoration comme la messe, parce que toutes deux sont eucharistiques sont un échange entre l’Homme et Dieu et fondent l’envoi en mission – sens du mot missa, qui a donné messe à partir de l’envoi en latin : Ite missa est.

Ajoutons que la Parole de Dieu met en lumière ce qui se passe en nous : c’est l’œuvre du Christ en moi pour me modeler à son image. Ainsi, dans la lumière de la foi, l’adoration nous expose au soleil de Dieu qui rétablit en nous l’image inaugurale de la création. Il y a donc là quelque chose de nouveau dans le sacrement comme le proclame l’hymne du Tantum ergo :

Tantum ergo sacraméntum
venerémur cérnui,
et antiquum documéntum
novo cedat ritui ;
præstet fides suppleméntum
Sénsuum deféctui.Genitori Genitoque
laus et jubilatio,
salus, honor, virtus quoque
sit et benedictio :
Procedénti ab utroque
Compar sit laudatio. Amen
Ce sacrement est admirable !
vénérons-le humblement,
et qu’au précepte d’autrefois
succède un
rite nouveau !
que la foi vienne suppléer
à nos sens et à leurs limites !

Au Père, au Fils notre louange,
l’allégresse de nos chants :
salut, honneur, puissance
et toute bénédiction :
à l’Esprit du Père et du Fils
égale acclamation de gloire !

Et ce qui est nouveau dans le signe fait l’Homme nouveau quand il s’y dispose. Le temps passé avec le Seigneur, devant le tabernacle ou pendant l’exposition renouvelle la vigueur de notre foi trinitaire et la fécondité de la communion, selon l’oraison de la fête du Saint-Sacrement (Fête-Dieu) : donne-nous de vénérer d’un si grand amour le mystère de ton Corps et de ton Sang, que nous puissions recueillir sans cesse le fruit de ta rédemption.

Ainsi l’Homme nouveau retrouve la saveur des choses, le goût de la vie et des personnes, comme le dit le dialogue à la fin du Tantum ergo :

V/ Panem de cælo præstitisti eis (TP. Alléluia)
Tu leur as donné le pain du ciel (TP. Alléluia)
R/ Omne delectamentum in se habentem (TP. Alléluia)
Toute saveur se trouve en lui (TP. Alléluia)

Parole de Dieu

35 Jésus leur répondit : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif.
36 Mais je vous l’ai déjà dit : vous avez vu, et pourtant vous ne croyez pas.
37 Tous ceux que me donne le Père viendront jusqu’à moi ; et celui qui vient à moi, je ne vais pas le jeter dehors.
38 Car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé.
39 Or, telle est la volonté de Celui qui m’a envoyé : que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour.
40 Telle est la volonté de mon Père : que celui qui voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. »
(Jean 6, 35-40)

 

Adoration. Salut au Saint-Sacrement. II

Christum nudum nudus sequere 

 

Parole de Dieu

 En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
12 « On portera la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon nom. 13 Cela vous amènera à rendre témoignage.
14 Mettez-vous donc dans l’esprit que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense. 15 C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer.
16 Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d’entre vous. 17 Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom.
18 Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu.
19 C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie.

(Luc 21, 12-19)

 

 Enseignement

Le titre que j’emprunte à saint Bonaventure, Christum nudum nudus sequere, Suivre nu le Christ nu conduit notre méditation d’aujourd’hui vers l’imitation de l’humilité du Seigneur Jésus Christ, humilité qui va jusqu’au dépouillement du don de soi.

Devant le Saint-Sacrement, nous contemplons le Seigneur qui, au cours de son repas pascal, a donné son corps et son sang à ses disciples, pour être avec eux tous les jours, jusqu’à la fin du monde (Mt 28, 20). Le Seigneur est dans le sacrement de son amour et nous cherchons à l’aimer davantage. Cette adoration peut changer beaucoup dans notre vie, selon le mot de saint Irénée : Notre manière de penser s’accorde avec l’eucharistie, et l’eucharistie en retour confirme notre manière de penser.

L’hostie sainte exposée à nos yeux éclaire notre foi dans la puissance infinie de l’amour manifestée sur la croix glorieuse. L’hostie sainte révèle l’incroyable humilité de celui qui s’est fait pauvre pour nous faire riches de lui. Sur la croix, le Seigneur a accepté de tout perdre pour nous gagner à son Père. C’est cela le salut.

Nous croyons que le Seigneur est présent devant nous, et nous voulons reconnaitre sa présence agissante en vos vies. A celui qui nous a tout donné, demandons d’accepter de lui offrir nos propres vies, pour sa gloire et le salut du monde !

 Je conclue par une petite histoire pour apprendre à nous donner :

Un jour une question a été posée à un serviteur de Dieu :
« Que gagnes-tu en priant Dieu régulièrement ? »

Il a répondu :
« En priant Dieu régulièrement, je ne cherche pas à gagner des choses, je cherche plutôt à en perdre ».

Il cite alors tout ce qu’il a perdu en priant Dieu régulièrement :

 1- J’ai perdu la colère en priant Dieu régulièrement
2- J’ai perdu l’orgueil en priant Dieu régulièrement
3- J’ai perdu le moi en priant Dieu régulièrement
4- J’ai perdu la cupidité en priant Dieu régulièrement
5- J’ai perdu l’envie, la jalousie en priant Dieu régulièrement
6- J’ai perdu la convoitise en priant Dieu régulièrement
7- J’ai perdu l’égoïsme en priant Dieu régulièrement
8- J’ai perdu le mensonge en priant Dieu régulièrement
9- J’ai perdu le goût du péché en priant Dieu régulièrement
10- J’ai perdu les désirs de la chair en priant Dieu régulièrement
11- J’ai perdu l’impatience, le désespoir et le découragement en priant Dieu régulièrement
12- J’ai perdu la peur des démons en priant Dieu régulièrement

Je prie pour perdre des choses qui ne me permettent pas de croître spirituellement.