Les chroniques du cénacle

 don de l’Esprit Saint est universel, il est fait à tous dans l’Église. Raison pour laquelle que ce soit dans les vidéos ou les éditos, nous avons voulu associer des acteurs de la vie ecclésiale qui ne font pas nécessairement partie de notre communauté paroissiale comme les diacres séminaristes de notre diocèse ou certains couples

jeudi 21 mai – Lancement

 

vendredi 22 mai – chronique 1

L’amour

Qui est Seigneur et qui donne la vie

Dans l’Écriture Sainte, le nom est porteur d’une identité et d’une mission.  Le nom propre de la troisième personne de la Trinité est Esprit Saint. Si le terme « Esprit » traduit le terme hébreu Ruah  qui dans son sens premier signifie souffle, air, vent (Jn 3, 5-8), ‘Saint’ révèle le caractère divin de cet Esprit.  D’ailleurs, dans le symbole de Nicée-Constantinople, nous invoquons l’Esprit qui “est Seigneur et qui donne la vie”.  Nous affirmons par là non seulement le caractère divin du Saint Esprit,  mais aussi la propriété créatrice de l’Esprit. En vertu de cette nature, nous Lui reconnaissons  une “même adoration et même gloire” que le Père et le Fils. Cela veut dire que l’Esprit n’est pas une entité extérieure à Dieu, ni même une puissance envoyée d’en-haut. Il est plutôt véritablement le ‘Dieu-en-nous’, dans le sens où il vient enraciner en nous l’amour de Dieu (Rm 5, 5 ). Quant à la vie qu’accorde l’Esprit, elle est de l’ordre de la grâce divine. Par l’Esprit, l’homme est divinisé.

Jésus, lorsqu’Il annonce et promet la venue de l’Esprit Saint Le nomme  Paraclet, littéralement ‘Celui qui est appelé auprès’, ad-vocatus, autrement dit le Défenseur. Ce mot a été aussi traduit par Consolateur, car en effet l’Esprit rejoint celui qui est seul et le fortifie dans la foi, l’espérance et la charité ( Catéchisme de l’Église catholique, n. 692). Le Seigneur l’appelle aussi ‘l’Esprit de Vérité’ (Jn 16, 13) car il est Celui qui nous fait vivre la Vérité qu’est Jésus Christ.

Dans le Nouveau Testament, il est aussi désigné sous le nom d’Esprit de la promesse (Ga 3, 14 ; Ep 1, 13), l’Esprit d’adoption (Rm 8, 15 ; Ga 4, 6), l’Esprit du Christ (Rm 8, 11), Esprit de gloire (1 P 4, 14), etc.

Toutes ces appellations du Saint Esprit nous disent quelque chose de Sa nature. Cependant, elles ne suffisent pas pour nous le faire comprendre. Le but de cette neuvaine de Pentecôte est d’être renouvelé dans la présence et l’action de l’Esprit Saint.   Nous ne pouvons pleinement découvrir qui est l’Esprit de Dieu pleinement qu’en le priant.

Alors tous au Cénacle !

Père Steve Niyonkuru.

samedi 23 mai – chronique 2

La joie

 


Les symboles du Saint Esprit

Le Saint Esprit, voilà bien une réalité invisible avec laquelle nous avons bien du mal lorsqu’il s’agit d’en saisir les différents aspects. Alors nous faisons appel à des symboles, à l’iconographie, à toutes sortes de “stratagèmes” pour en décrypter la richesse. L’Écriture Sainte emploie les symboles suivants, qui ne sont pas exhaustifs d’ailleurs, pour figurer l’Esprit Saint et nous faire mieux comprendre soit sa personne, soit son œuvre :

  1. La colombe : C’est sous cette forme que le Saint Esprit s’est matérialisé lors du baptême de Jésus au Jourdain (Mt 3, 16 ; Lc 3, 22). La Bible emploie cette image pour nous rappeler que, comme la colombe, le Saint Esprit n’est pas seulement irrésistible, il se caractérise aussi par la douceur, la tendresse et la pureté. Il est aussi un Esprit d’amour, de grâce, de consolation et d’innocence.
  2. Le souffle ou le vent : Ce symbole vient directement de la signification du mot “esprit” dans les langues bibliques originales : “rouah” en hébreu et “pneuma” en grec (Gn 2, 7 ; Job 32, 8 ; 33, 4 ; Jn 3, 8 ; 20, 22 ; Ac 2, 2). Ces termes signifient le souffle, le vent, l’air en mouvement. Symboliser l’Esprit Saint comme souffle ou vent souligne l’action impétueuse, invisible et imprévisible du Saint Esprit; cela montre aussi que cette action est souveraine et infiniment au-dessus de l’homme. Si le Saint Esprit est appelé le souffle du Tout-Puissant, c’est qu’il est son émanation directe, sa présence même manifestée. Comme le vent, l’Esprit est donc libre, puissant, actif et ne peut pas être enfermé dans nos petits schémas, que le vent ne peut être enfermé dans une boîte.
  1. L’eau (vive) : En l’absence d’eau, toute vie est impossible. Notre besoin d’eau est tellement vital qu’un être humain normalement constitué ne peut survivre à la privation totale d’eau (Is 44, 3 ; Jn 4, 14 ; 7, 38-39). Ce symbole est facile à comprendre. Comme l’eau vive, la présence du Saint Esprit rafraîchit et désaltère, elle fait apparaître la vie où régnaient la désolation et la mort, elle apporte la plénitude et l’abondance et la déverse tout autour en flots de bénédictions.
  1. Le feu : Le feu, suivant l’usage constant de l’Écriture, nous semble faire allusion non pas à la puissance du Saint Esprit, mais à son action purificatrice qui juge et consume toute impureté. Le Saint Esprit convainc de péché et du jugement et il brûle en nous tout ce qui n’est pas conforme à la volonté de Dieu (Mt 13, 11-12 ; Lc 3, 16-17 ; Mc 9, 49 ; 1 Cor 3, 13-15). Ainsi donc, si nous demandions d’être “baptisés de feu”, cela reviendrait à demander à Dieu de consumer le péché en nous.
  1. Le sceau : Chez les juifs, le sceau marquait la fin d’une transaction. Lorsque l’accord était réalisé, l’acte passé et le prix payé, on apposait le sceau sur le contrat pour le rendre définitif (Jr 32, 9-10 ; Eph 1, 13 ; 4, 30 ; 2 Cor 1, 21-22). Lorsque nous croyons, nous sommes scellés du Saint Esprit pour le jour de la rédemption. Le Saint Esprit devient ainsi pour nous l’empreinte divine, la marque de la propriété de Dieu. Si le Saint Esprit est comparé à un sceau, c’est précisément pour indiquer que son habitation en nous est définitive, ce sceau signale un acte accompli une fois pour toute et le Saint Esprit en nous garantit que nous appartenons à Dieu pour l’éternité. Comme le sceau, le Saint Esprit marque la propriété, donne la sécurité, assure la protection.
  1. Le gage et les arrhes : Lors d’une transaction il était (et il est encore souvent) d’usage de verser des arrhes. Il s’agit d’une somme irrémédiablement acquise au propriétaire, en jouissance anticipée de la pleine propriété. Saint Paul utilise ces deux images pour nous faire comprendre que le don actuel du Saint Esprit est la garantie solennelle, et en quelque sorte le premier acompte de notre salut final (Eph 1, 13-14 ; 2 Cor 1, 21-22).
  1. L’huile : Nous pouvons lire les passages suivants : Ex 27, 20-21 ; Mt 25, 4 ; Lc 4, 18 ; Jn 16, 14 ; Ac 10, 38 ; Rm 8, 9 ; 2 Cor 1, 21 ; Hé 1, 9 ; 1 Jn 2, 20. Tous ces passages sont des allusions à l’onction d’huile prescrite dans l’Ancien Testament pour les sacrificateurs, les prophètes et les rois. Le Saint Esprit donne donc la préparation au ministère (Ac 1, 18).
  1. La main : L’acte d’imposer les mains est un acte fréquent dans les Évangiles : Jésus guérit les malades (Mc 6, 5), bénit les enfants (Mc 10, 16) en leur imposant les mains. C’est aussi par l’imposition des mains que le Saint Esprit est donné (Ac 8 ,17-19). Et c’est ce geste que l’on retrouve dans les sacrements (baptême, confirmation, ordre …).

En conclusion, ces quelques symboles sont loin d’expliquer toute la réalité du Saint Esprit, il y en a encore d’autres que nous n’avons pas pu citer ici ; nous sommes appelés à rendre grâce à Dieu pour nous avoir fait mieux comprendre, par de tels symboles, plusieurs précieuses vérités sur Son Esprit et efforçons-nous de les réaliser par la foi.

                                                                                                Père Augustin Dawili Mandaolo

 

dimanche 24 mai – chronique 3

La paix, fruit de l’Esprit

 

Les dons de l’Esprit Saint

“Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure”. (Jn 15,16).

Dieu est cohérent en tout ce qu’il dit et en ce qu’il fait. C’est pourquoi quand il nous demande quelque chose, il nous donne les moyens pour le réaliser. Parmi ces moyens, il nous donne les dons de l’Esprit Saint liés intimement au Christ et en plénitude :
Par l’Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie et s’est fait homme (Credo). Huit siècles avant Jésus Christ, le prophète Isaïe avait annoncé au sujet du Messie “sur lui reposera l’Esprit du Seigneur ; esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte qui lui inspirera la crainte du Seigneur” (Is 11, 2-3). C’est ce qu’on appelle les 7 dons de l’Esprit Saint.

Au cours de l’histoire, des théologiens ont cherché à comprendre ce que signifient ces dons et leur rôle dans notre vie. Ainsi, le premier usage liturgique de cette liste est attesté par saint Ambroise de Milan à la fin du IVème siècle puis dans le rituel du pape Sirice en 385. Elle s’est maintenue sans discontinuer dans les différentes liturgies jusqu’à aujourd’hui. Au moment de la confirmation, l’évêque prie ainsi : “Donne-leur (aux confirmands) en plénitude l’Esprit qui reposait sur ton Fils Jésus : esprit de sagesse et d’intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et d’affection filiale(piété), remplis-les de l’Esprit d’adoration (crainte)“.

Dans un plan détaillé, la plénitude de l’Esprit Saint offre donc : deux dons pour comprendre le dessein de Dieu (intelligence) et pour discerner comment vivre en fonction de ce dessein (sagesse) ; deux dons pour décider comment vivre (conseil) et pour avoir le courage de le faire (force) ; deux dons pour découvrir ce qui est Dieu (science) et pour respecter son alliance (crainte). À noter que le don de crainte s’est, par la suite, divisé en deux pour obtenir le nombre des sept dons : la crainte et la piété.

En conclusion, les sept dons de l’Esprit saint, c’est toute la puissance de Dieu qui permet à chacune, chacun d’entre nous de vivre dans un monde difficile, la foi, l’espérance et la charité. En cette neuvaine de la Pentecôte, demandons à Dieu la grâce de nous envoyer son Esprit Saint pour renouveler notre mentalité et contribuer à l’expansion de la communauté nouvelle qu’est l’Église, Corps du Christ, l’Homme en qui tout est recréé (Col 1, 15-20).

Père Kedeschmy Desarmes

 

lundi 25 mai – chronique 4

La patience

 

Esprit Saint et Église

La période liturgique que nous traversons, entre l’Ascension et la Pentecôte, est curieuse spirituellement. Jésus a achevé sa mission visible : et pourtant, l’Église attend, au Cénacle. Il lui manque quelque chose, une chose essentielle pour vivre : la venue de l’Esprit. C’est véritablement à la Pentecôte que l’Église naît définitivement, du Feu et du Souffle de l’Esprit-Saint. L’Église vit de l’Esprit Saint, Amour, Lumière et Souffle.

L’Esprit Saint, c’est d’abord, dans la Trinité, le sceau de l’Amour du Père et du Fils : celui qui fait l’Unité. Cette mission, il la réalise dans l’Église aussi, donnant au peuple chrétien cette caractéristique si précieuse et si belle : l’Église est Une dans la Foi et la Charité. Telle est l’ultime prière de Jésus pour nous : « qu’ils soient un, comme le Père et moi sommes Un » !

L’esprit, c’est aussi la nuée de Lumière, c’est la flamme qui éclaire : dans l’Église, cela correspond à la mission de l’enseignement, et à cette assistance toute spéciale de l’Esprit sur le pape et les évêques, pour transmettre la Vérité et éclairer leurs décisions.

Enfin, l’esprit, c’est le Souffle, qui fait gonfler les voiles du bateau : dans l’Église, ce saint Esprit est à l’œuvre pour inspirer, diriger, conduire les actions individuelles ou collectives.

Si l’Église est appelée le « Corps Mystique » du Christ, ce corps a besoin d’une âme : et cette âme, ce centre vital, c’est Esprit Saint. Et puisque chaque chrétien est un membre de l’Église, demandons à l’Esprit Saint de faire en nous ce qu’il fait en elle : de nous garder unis avec nos frères par la Foi et la Charité ; de nous illuminer en nous gardant toujours dans la Vérité ; et de nous rendre totalement dociles et réceptifs à ses divines inspirations.

Abbé Jean de Massia, Fssp.

 

mardi 26 mai – chronique 5

La bonté

L’Esprit Saint et la mission

Tous missionnaires par l’action de l’Esprit Saint ! S’agit-il d’un vœu ou d’une affirmation ? Une certitude : deux élans missionnaires entourent notre rapport à l’Esprit Saint. Autrement dit, l’Esprit de Pentecôte nous rejoint dans un double mouvement relatif à la mission. La mission étant ici la manière d’aller vers, la façon de répondre à l’appel du Seigneur qui nous envoie.

Le premier mouvement missionnaire s’ancre dans le contexte de la Pentecôte : “Quand arriva la pentecôte, (le cinquantième jour après Pâques), ils se trouvaient réunis tous ensemble” (Ac 2, 1). L’histoire nous renseigne que chaque année, sept semaines, donc 50 jours après la Pâque juive, les Juifs du monde entier se retrouvaient à Jérusalem pour célébrer l’anniversaire de la Loi de Moïse. Et c’est ce moment-là que Jésus choisit quand il envoie l’Esprit Saint à ses disciples. Ce moment missionnaire par excellence rassemble des gens venus de toute part. D’une certaine manière, les pèlerins partent tous en mission à Jérusalem pour célébrer la Pentecôte juive.

Fort de ce constat qui contextualise la venue de l’Esprit Saint, nous pouvons comprendre le deuxième mouvement missionnaire qui définit son action dans l’Église.  « Ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans son propre dialecte, sa langue maternelle ? » (Ac 2, 7-8). Brûlant du feu de l’Esprit, les apôtres sortent enfin du Cénacle pour annoncer les merveilles du Seigneur. Après cinquante jours de confinement dans la peur et dans l’angoisse, les voilà devenus missionnaires. Saint Paul, l’apôtre des missions, les rejoindra pour répondre à l’appel du Christ, pour aller à la rencontre des Romains, des Galates, des Éphésiens… comme en témoignent les Épîtres. Et bien plus tard, Sainte Thérèse de l’enfant Jésus, patronne des missions, se laissera conduire par le même Esprit.

Aujourd’hui, c’est nous les missionnaires de l’évangile, dans la diversité des services au milieu de nos frères et sœurs. Tous missionnaires par l’action de l’Esprit Saint !

Père Fred Olichet Biyela

 

mercredi 27 mai – chronique 6

La bienveillance

Père Daniel Ducasse

 

 

L’Esprit Saint et la prière

Saint Paul, dans sa lettre aux Romains, nous dit sur l’Esprit-Saint beaucoup de choses qui nous réjouissent profondément.

Au chapitre 8, verset 15 et suivants, Paul nous dit que l’Esprit-Saint murmure dans nos cœurs le mot ‘Abba’, un mot de la langue de Jésus qui veut dire ‘Papa’ : l’Esprit-Saint nous dit que Dieu est notre ‘Papa’ et donc que nous sommes ses enfants. Et pour nous assurer qu’il ne s’agit pas d’une belle étiquette, d’un beau titre, mais d’une réalité, Paul nous dit que l’Esprit nous atteste, nous assure au fond du cœur qu’il est bien vrai que nous sommes les vrais enfants de notre Père, de notre Abba du Ciel. D’ailleurs, le premier mot de la prière que Jésus nous a apprise, c’est « Notre Père ». Nous n’y faisons pas toujours bien attention.

Comme tous les enfants du monde, nous faisons beaucoup de demandes à notre Père concernant notre vie concrète. Et notre Père le désire. C’est ce qui correspond dans le Notre Père à cette phrase « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. ». Nous savons aussi remercier notre Père par des louanges, des actions de grâce… Pourtant, nous sentons bien que la prière, c’est aussi quelque chose de plus profond. C’est ce que nous dit encore St Paul, chapitre 8, verset 24 et suivants : « nous ne savons pas prier comme il faut ! », mais « l’Esprit vient au secours de notre faiblesse, Il intercède pour nous en des gémissements ineffables ». Et alors, le Père, « celui qui sonde les cœurs sait quel est le désir de l’Esprit et que son intercession correspond aux vues de Dieu ». Ainsi, si nous faisons silence, si nous laissons l’Esprit prier en nous peu à peu, Il nous fait entrer dans Sa prière. Il nous apprend la prière qui plaît au cœur de Dieu mais saint Paul nous dit encore quelque chose au chapitre 8, verset 14 : « les enfants de Dieu sont animés par l’Esprit de Dieu ». Cela veut dire que, si nous le voulons, l’Esprit sera notre Maitre intérieur, notre guide, Celui qui nous inspire les bonnes pensées, qui nous suggère les bonnes paroles et les bonnes actions.

Cela veut dire qu’il nous faut souvent Le prier pour qu’Il nous fasse vivre comme des enfants de Dieu.

Dans une hymne de la Pentecôte, il nous est dit que l’Esprit-Saint est le « doux hôte intérieur de notre cœur », « le repos dans nos labeurs, la paix qui calme nos tempêtes, notre plus grand consolateur, notre Lumière resplendissante … et qu’Il vient à nous avec tous Ses dons. ». Alors, comment ne pas rechercher Sa présence, comment ne pas Le prier souvent, pour qu’il nous apprenne la prière, pour qu’Il nous fasse vivre comme des enfants de Dieu.

Une sœur du Carmel de Pontoise

 

jeudi 28 mai – chronique 7

La douceur

Charles Thierry, diacre

 

 

L’Esprit Saint en détention

Il y a quelques années, André Frossard, après sa conversion affirmait : « Dieu existe, je l’ai rencontré ». Eh bien, je peux vous le dire comme aumônier à la maison d’arrêt, « l’Esprit Saint existe , je l’ai rencontré »   !

Je suis vraiment frappé par les nombreuses situations où, sans que rien ne soit prévu, j’ai été conduit chez quelqu’un qui m’attendait. …oui l’Esprit m’a souvent précédé et ouvert les portes.

Je me souviens d’un jour où les visites que je devais faire étaient impossibles, l’accès aux cellules demandant l’ouverture de nombreuses portes était constamment bloqué par des mouvements internes. Contrarié, je prends donc une autre direction. …je frappe, j’ouvre, je suis accueilli par un « j’étais sûr que vous alliez venir ». L’Esprit nous conduit…

Une autre fois, je croise dans un couloir tout à fait par hasard une personne que je connaissais, hors d’elle, furieuse. On venait de lui annoncer sa libération et l’injonction de regrouper rapidement ses affaires pour laisser la place…. elle l’avait mal pris. Par cette rencontre fortuite, c’est l’Esprit de compassion qui le réchauffe… elle retrouve la paix.

Sur le parking, une voix m’interpelle…une personne me reconnaît. Elle venait d’être libérée et avait besoin de contacter quelqu’un pour venir le chercher, ne sachant comment faire. Ensemble, nous sommes allés à l’accueil des familles où il a pu téléphoner.

Très souvent je suis témoin de multitudes petits gestes de charité formidables. Rédiger des demandes pour son codétenu qui ne sait pas écrire ou est étranger. Partager le peu qu’on a, du café, quelques morceaux de sucre….

Il n’est pas rare qu’en arrivant dans une coursive on me dise : allez voir untel, il veut venir à l’aumônerie, ou : untel ne va vraiment pas bien. Cette sollicitude peut venir aussi d’un surveillant. Esprit de Charité.

1/4 des personnes de l’aumônerie sont entraînées par d’autres. Esprit missionnaire.

Aussi les demandes au cours d’une visite : J’aimerai être baptisé, faire ma 1ère communion. J’ai toujours voulu mais cela n’a jamais été possible. Esprit de lumière

Comment ne pas voir la puissance de l’Esprit Saint dans les célébrations du dimanche ? Il y règne une joie de se retrouver, un vrai sens du partage de la Parole, un enthousiasme à chanter et à célébrer.

Là oui vraiment «il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous » (Paul Eluard) où l’Esprit-Saint nous conduit en ce jour de la Sainte Yves, avocat des pauvres et des plus démunis.

                                         André Gossellin, diacre

 

vendredi 29 mai – chronique 5

La fidélité

Père Steve

 

 

Ménage à trois

Le jour de notre mariage, il y a quasiment quinze ans jour pour jour, le Père Henri (qui officiait) nous a certifié que nous ne nous engagions pas seulement « devant » Dieu mais « avec » Lui. Avons-nous pris ce jour-là la mesure de ce que cela représentait ? Sans doute pas.

Nous avons continué à aller. Clopin-clopant. A conjuguer notre amour par tous les temps. Il y a eu des jours de grand beau et des jours d’orage. Il y a eu, surtout, une brise légère. Toujours présente. Qui nous a entraînés et qui nous entraîne encore dans un même mouvement. Nous ramène l’un vers l’autre lorsque c’est nécessaire. Nous déstabilise et nous « bouscule » parfois pour mieux ré-harmoniser nos pas.

Nous avons souvent entendu que l’Esprit-Saint c’est l’Amour du Père pour le Fils, du Fils pour le Père, de Dieu pour le monde. L’Esprit-Saint, c’est l’Amour. Le don de Jésus aux hommes.

Nous avons peu à peu compris que l’Esprit Saint c’est aussi l’Amour que nous avons l’un pour l’autre. Il nous unit, nous conduit, nous nourrit. Comme un ami de bon conseil, discret mais présent, il nous apprend à nous dire « merci », à nous demander « pardon ». Saint Paul a écrit aux Galates : « Mais voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi ». N’est-ce pas tout ce que nous souhaitons pour notre couple, pour notre famille ?

Comme la brise légère, on ne sait ni d’où Il vient, ni jusqu’où Il pourrait nous entraîner. L’Esprit-Saint souffle où il veut. Et où il peut ! Il faut avoir ouvert sa porte, ou ses fenêtres, et accepter de se laisser conduire. « S’abandonner au souffle de l’Esprit ». Nous n’y parvenons pas toujours du premier coup. Mais – Dieu merci ! – Il est patient !

Nous avons accepté cette douce cohabitation. Accepté de vivre avec Dieu qui s’est engagé à nos côtés le jour de notre mariage. Nous le savons présent. Nous lui confions, dans la prière, nos conversations, nos débats, nos choix. Troisième personne singulière qui nous apprend à être chacun pleinement soi et d’accepter l’autre dans son altérité pour former notre « nous » : une petite Trinité domestique.

Amélie et Albéric de Menou

 

 

samedi 30 mai – chronique 9

La maîtrise de soi

Père Hughes

 

Les vertus : œuvre de l’Esprit et énergie de l’Homme

La vertu, – en latin virtus -, c’est la puissance, l’excellence et l’exigence. Vaste programme !

Quatre vertus jouent un rôle charnière – en latin cardo, cardinis – et, pour cette raison on les appelle vertus cardinales : la prudence, la tempérance, le courage ou force d’âme et la justice… quatre points cardinaux ! Ce sont des sources de vitalité qui confèrent une force et une énergie intérieure.

Allez voir le beau livre de la Sagesse : Veut-on devenir juste ? Les labeurs de la Sagesse produisent les vertus : elle enseigne la tempérance et la prudence, la justice et la force d’âme, et rien n’est plus utile aux hommes dans l’existence (8, 7).

Voici donc une belle perspective : devenir juste !… pour vivre !

Ces vertus cardinales sont accompagnées des vertus théologales (de theos : Dieu) : la foi, l’espérance et la charité. Elles touchent principalement à notre relation avec Dieu et à tout ce qui en découle, c’est-à-dire, précisément : tout ! En effet, tout, notre cœur, notre corps, notre esprit, nos relations ont vocation à être irradiés par l’Esprit pour produire en nous du fruit : charité, joie, paix, générosité, esprit de service, bonté, confiance, douceur, maîtrise de soi (Gal 5, 22).

Priant l’Esprit, nous prenons appui sur notre vocation la plus profonde et la plus haute.

De plus, ces vertus sont offertes à toute l’humanité ; pour les croyants, elles nous aident à répondre à l’appel du Seigneur, à nous rapprocher de lui, et ajuster nos deux volontés, la sienne et la nôtre : telle est la vocation de l’homme.

Voilà qui donne des axes : quelle place ces vertus ont-elles dans nos choix de vie, nos orientations et nos examens de conscience ?

Père Hughes

 

 

 

 

Un commentaire

  1. Merci pour cette belle neuvaine ! Voici une proposition musicale pour l’accompagner.
    Il s’agit du Veni Sancte Spiritus, Séquence que nous entendons à la Pentecôte.
    Cliquez ou copiez le lien : https://youtu.be/3sYbVdciq1M
    Belle fête de la Pentecôte !

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