Parole et silence

Avant Noël je recevais d’un ami libanais  ses vœux avec une belle interrogation:  Noël aura-t-il lieu ? Bien sûr, il sera plus silencieux et aura plus de profondeur. La profondeur c’est la seule hauteur que nous recherchons. Pour ouvrir l’espace silencieux et la profondeur de l’âme, je laisse la parole à saint Augustin qui nous dit le motif de l’incarnation du Fils de Dieu :

[…] que nous soyons des hommes pleins de bienveillance, tendrement attachés les uns aux autres par le lien de l’unité.
En ce jour de grâce, réjouissons-nous, pour trouver notre gloire dans le témoignage de notre conscience ; alors, ce n’est pas en nous, mais en Dieu que nous mettrons notre gloire. C’est pour cela qu’il est dit : Ma gloire, tu tiens haute ma tête. Dieu pouvait-il faire briller sur nous une grâce plus grande que celle-ci : son Fils unique, il en fait un fils d’homme et, en retour, il transforme des fils d’hommes en fils de Dieu ?

Cherche où est le mérite, où est le motif, où est la justice, et vois si tu découvres autre chose que la grâce.

Fils de Dieu ! Frères des hommes ! Comment ne pas voir dans le spectacle de la Famille de Nazareth un appel  à nous laisser conduire sur l’humble silence qui ouvre à la fraternité :

Que renaisse en nous l’estime du silence, cette admirable et indispensable condition de l’esprit, en nous qui sommes assaillis par tant de clameurs, de fracas et de cris dans notre vie moderne, bruyante et hyper sensibilisée. Ô silence de Nazareth, enseigne-nous le recueillement, l’intériorité, la disposition à écouter les bonnes inspirations et les paroles des vrais maîtres ; enseigne-nous le besoin et la valeur des préparations, de l’étude, de la méditation, de la vie personnelle et intérieure, de la prière que Dieu seul voit dans le secret (saint Paul VI à Nazareth – 1964).

Dans cet amour du silence, et la recherche des paroles justes et simples, la vie de Nazareth nous enseigne ce qu’est la fraternité dans ce qu’elle a d’exigeant et d’apaisant, d’irremplaçable et de désirable.

Humblement et joyeusement vôtre,

Père Hughes

 

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