Celui qui refuse de pardonner, coupe les ponts qu’il doit passer lui-même

Édito du dimanche 17 septembre 2017

24ème Dimanche du Temps Ordinaire – Année A

Dans le Pater  nous demandons à Dieu de nous pardonner comme nous pardonnons au sujet des dettes contractées à notre égard. Le Seigneur nous a donné un commandement nouveau, c’est de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés. Son commandement est nouveau par rapport à celui de l’Ancien Testament qui non seulement limitait le concept du prochain au lien du sang, du territoire, mais encore se contentait d’exiger l’amour pour autrui sans dépassement de sa propre personne.

Pour le Christ le prochain c’est tout le monde, même les ennemis, comme l’illustre la parabole du Bon Samaritain, et il s’agit d’aimer non seulement comme soi-même mais comme le Seigneur lui-même nous a aimés, c’est-à-dire plus que soi-même. Le sacrifice de La Croix, qui a pardonné toutes nos fautes et éteint notre dette, a détruit toute frontière.

Saint-Luc dresse la table des nations à la Pentecôte, en partant de l’Est à l’Ouest et du Nord au Sud : les deux bras de La Croix. Dans le monde actuel, l’Est s’oppose à l’Ouest surtout du point de vue idéologique, et le Nord au Sud du point de vue économique. Par La Croix du Christ ressuscité, toutes les nations (ethnos) sont devenues un seul peuple (laos), la famille de Dieu.

La miséricorde du Seigneur met à notre service les sacrements, notamment celui de la réconciliation, du pardon, de la confession, de la pénitence. Dieu a l’initiative de cette réconciliation en provoquant chez nous la démarche de la conversion, du retour. Il n’y a pas de réconciliation sans pénitence, sans retour, sans conversion.

Le mauvais serviteur n’a pas fait sa propre conversion, en refusant de pardonner, de remettre sa dette à son collègue. Il ne peut donc plus lui-même recevoir la remise de sa propre dette, que le Roi lui avait pourtant déjà offerte. Ce qui nous permet de comprendre que nous devons pardonner pour être pardonnés dans notre prière, adressé au Père des miséricordes et au Dieu de toute consolation, qui nous réconforte dans toute tribulation.

Nous demandons à Notre-Dame, Mère de Miséricorde, la grâce de savoir pardonner avec patience, toujours, car nous sommes toujours pardonnés par le Seigneur, quels que soient le nombre et la gravité de nos fautes.

 

Père Kedeschmy Désarmes

 

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