Les leçons de la résurrection

Édito du dimanche 15 avril 2018

3ème Dimanche de Pâques – Année B                        

L’échafaudage théologique de la résurrection s’appuie dans les évangiles sur deux indices majeurs : le tombeau vide et les apparitions de Jésus-Christ.
Acte de naissance de la foi chrétienne, la Pâques christique, mort et résurrection est un événement “primunique” (première et unique fois) duquel nous pouvons tirer entre autres leçons :

Pâques : accomplissement de l’espérance du Premier Testament
En la personne de Jésus-Christ se greffent et s’accomplissent toutes les promesses vétérotestamentaires.
C’est au travers des mystères de la foi, dont les plus grands sont l’Incarnation et la Rédemption, que l’Église enseigne, célèbre, témoigne.
De la naissance du Messie à Bethléem dans la cité de David (Mi 5) à l’immolation de l’agneau de Pâques (Ex 12), Jésus-Christ de sa naissance à la crèche à sa mort sur la croix avant de ressusciter, signifie et réalise l’Alliance nouvelle et éternelle de Dieu avec toute l’humanité.
Et on ne le dira jamais assez que, même si Noël est la fête la plus populaire : Pâques demeure la plus grande fête chrétienne en ce qu’elle récapitule la geste salvifique de Jésus-Christ ; elle accomplit l’aboutissement de tous les mystères chrétiens.

Pâques : les femmes, premières apôtres de la résurrection
Personne n’a été témoin oculaire de la résurrection.
C’est plutôt après coup que les “femmes myrophores” (néologisme forgé par Fabrice HADJADJ) découvrent que le Crucifié est ressuscité. Parties pour embaumer la dépouille de Jésus, voilà qu’elles se voient investies d’une mission autre mais aussi exaltante que devenir apôtres de la résurrection.
En mettant les femmes en pole position, est-ce un correctif que le Nouveau Testament a voulu porter à cette fameuse faute d’Eve la séductrice à l’orée du nouveau monde inauguré par Jésus ressuscité ?
Ou peut-être, Dieu préférait-il plus simplement choisir les porteuses de la vie, les femmes, pour annoncer l’évangile de la nouvelle vie, la re-création, la merveille inouïe de la Rédemption advenue en Jésus-Christ ?

Pâques, pouvoir germinatif de l’homme
Saint-Paul fait de la résurrection le centre de gravité de la foi chrétienne : “Si le Christ n’est pas ressuscité, notre foi est vaine” (1Co 15, 14).
En effet, si par son incarnation Jésus valorise la corporéité, c’est surtout grâce à sa résurrection qu’il jette la pleine lumière sur le corps, charnière du salut (carno cardo salutis est).
Dans le christianisme, le corps n’est pas, comme chez les Grecs, le cimetière de l’âme.
Grâce au Christ qui valorise le corps, notre credo en “la résurrection de la chair et en la vie éternelle” (Symbole des Apôtres) tient en haute estime toute l’épaisseur historique de notre existence.
Le corps revêt en Jésus ressuscité le pouvoir germinatif du salut.

Père Donatien BIZABOULOU

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