Noël : c’est Dieu qui rentre dans notre temps

Édito du dimanche 23 décembre 2018

4ème dimanche de l’Avent – Année C

Dieu avait créé le temps en créant le ciel et la terre et avait formé l’homme à son image et à sa ressemblance (Gn 1, 26.27; Sg 2, 23; 2 Co 3, 18; He 1, 3) pour l’y inscrire. Il y eut un soir, il y eut un matin, ce fut le premier, le deuxième, le troisième, le quatrième, le cinquième, le sixième jour (Gn 1, 5.8.13.19.23.31). Dieu vit que cela était bon (Gn 1, 4.10.12.17.21.25). Après avoir créé l’homme le sixième jour, il vit que cela était très bon (Gn 1, 31). Et il se reposa le septième jour, le bénit et le sanctifia (Gn 2, 2-3). Tout était pur (Tite 1, 15; 1 Tm 4,4). Le péché originel a gâté la création. Dieu seul pouvait effacer la faute qui est infinie. Le Fils Éternel de Dieu est fait péché pour détruire le péché et nous faire devenir justice devant Dieu.

L’éternité a fait irruption dans le temps pour le purifier, souillé qu’il était par le péché des premiers parents (Adam et Ève). Le temps est rendu sacré de par sa rencontre avec l’éternité dans l’union hypostatique du Fils Éternel de Dieu, qui a pris chair d’une nouvelle naissance par la génération temporelle dans le sein de la Vierge Marie: « Quand vint la plénitude du temps Dieu envoya son Fils, né de la femme, né sujet de la Loi, pour racheter ceux qui étaient sous la loi (Ga 4, 4-5), cette loi qui fait connaître le péché sans y porter remède et qui n’était qu’un pédagogue de Moise au Christ (Ga 3, 19-25; Rm 7, 7-25). C’est dans le temps que Dieu nous sauve par l’histoire du salut. C’est ce kairos (temps) que nous fêtons à Noël chaque année. C’est un cycle ouvert en une spirale qui débouche sur l’éternité. Le Christ a promis d’être avec son Église jusqu’à la fin des temps (Mt 28,20). Ce n’est pas un retour sur soi, un cercle fermé comme dans les religions à mystère, où l’on fait une projection de la raison, évoquant l’illd temps de l’éternel retour.

Dieu révèle son dessein à travers l’histoire. Par l’union hypostatique le Christ est à la fois Dieu et homme : l’acte qu’il pose a valeur d’éternité tout en étant inscrit dans le temps. Et le Verbe s’est fait chair dans le temps et il a habité parmi nous (Jn 1, 14; Sg 24, 8), consacrant le temps en le rendant en quelque sorte éternel. Dieu s’est fait homme. L’Éternité devient en quelque sorte temporelle, le temps devient en quelque sorte éternel. Les portes du Paradis, fermées depuis des siècles (Gn 3, 34), s’ouvrent à nouveau. Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté
(Lc 2, 14). La nativité du Seigneur apporte la paix véritable au monde, réconcilié enfin avec Dieu (Col 1, 20; Ep 1, 10; 2 Co 5, 18-21).

Par la contemplation du Verbe incarné nous ne perdons pas notre temps, nous entrons dans l’Éternité de Dieu, dès ici-bas, avec le « face-à-face dans les ténèbres », comme dit la Bienheureuse Elisabeth de la Trinité.

Chers amis, le réalisme de l’Incarnation s’offre continuellement à nous dans le oui de Notre Dame, où son Fiât retrouve celui du Père Éternel créant le monde. En cette période de Noël, offrons au Seigneur notre temps, pour qu’il le consacre constamment par l’union avec son éternité.

Bon Noël à vous tous.

 

Père Kédeschmy DESARMES

 

NB. L’union hypostatique (en latin : uniopersonalis) est un concept de la théologie chrétienne qui désigne l’union des deux natures, divine et humaine, en la personne de Jésus Christ.

 

 

 

 

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