La miséricorde, carte d’identité de Dieu

Luc 15 : Ce chapitre est l’un des plus beaux textes de la Bible. Il déploie la miséricorde de Dieu à travers ses 3 paraboles-jumelles de la brebis perdue et retrouvée, de la drachme perdue et retrouvée puis des deux enfants perdus et retrouvé(s).

Versets 1-3 : Deux cercles de personnes diamétralement opposés entourent Jésus : d’abord celui des publicains et des pécheurs qui accueillent favorablement Jésus, puis celui des pharisiens et des scribes qui le rejettent. Nous sommes dans une société duale où nous avons tous besoin de l’amour de Dieu, que nous soyons loin de Dieu comme la brebis perdue loin de l’enclos de son Église à l’instar des publicains et des pécheurs ou que nous croyons proches de Dieu comme les pharisiens et les scribes. La drachme ne s’était-elle pas perdue à l’intérieur de la maison alors qu’elle n’en était jamais sortie ?

Versets 4-7 centaine l/l00 brebis perdue, recherchée, retrouvée ; joie partagée.

Versets 8-10 dizaine l/10 drachme perdue, recherchée, retrouvée, joie partagée

Versets 11-32  unité l/2 le père et ses 2 fils.

Versets 11-24 : Le père et le fils cadet. Symbole de la brebis perdue, ce fils brise les relations familiales. Il ne veut plus être ni le fils ni le frère de qui que ce soit. Son exil volontaire le conduit à la déchéance de vivre loin de la Terre Promise et du désir macabre de vouloir partager la nourriture d’animaux impurs, les porcs. La faim chassant le loup hors du bois, le voilà sur le chemin du retour avec des paroles de repentir qui seront noyées dans la tendresse du père traduite par son accueil, son hospitalité et sa générosité à l’égard de la “brebis galeuse”.

Versets 25-32 : Le père et le fils aîné. Surpris par la fête improvisée, ce fils refuse d’entrer dans la maison paternelle bien que son père sorte le supplier d’entrer. Mais lui, drapé dans son orgueil, refuse la paternité d’amour de celui qui lui a donné et donne la vie ; épris de mépris, ses paroles sentent le sulfureux souffle de la haine d’un Caïn (Gn 4) ou de la morgue méprisante du pharisien (Lc 18).

Perdu, n’a-t-il pas besoin d’être recherché par l’amour paternel ? Mort n’a-t-il pas intérêt à revenir à la vie en entrant dans la maison de la joie et de la fête ?

Après notre pèlerinage diocésain, nous pouvons nous demander : quels fils et frères sommes-nous ? Tant que nous ignorons que “la miséricorde est la carte d’identité de Dieu” (Pape François), ne sommes-nous pas à la fois et le fils aîné dans nos complexes de supériorité et le fils cadet avec notre désinvolture crapuleuse ?

 

Père Donatien Bizaboulou

 

 

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